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Rungis tente de limiter son impact environnemental


> La nouvelle flotte de véhicules électriques de la Semmaris.
La Semmaris sensibilise actuellement les grossistes sur la nécessité d'anticiper les échéances en matière de transport « propre ». Le gestionnaire du Min de Rungis entend montrer l'exemple et jouer un rôle de facilitateur.

La semaine dernière, la société gestionnaire du marché de Rungis a inauguré en grande pompe sa nouvelle flotte de véhicules, des modèles électriques Renault Zoé. Pour la Semmaris, l'initiative visait à donner symboliquement le coup d'envoi à son programme de soutien au déploiement des véhicules électriques sur le marché, mais aussi à sensibiliser à la question des transports propres les 1 200 entreprises de Rungis et leurs 25000 clients.

Pour le marché, l'échéance d'un bannissement du diesel à Paris se rapproche en effet. La nouvelle maire, Anne Hidalgo, a officiellement demandé à Christophe Najdovski, son adjoint chargé des transports, de « trouver les moyens, en concertation avec les professionnels, d'atteindre l'objectif de 50 % des livraisons du dernier kilomètre réalisées en véhicule non diesel en 2017, puis 100 % en 2020 ». Pour anticiper cette échéance, la Semmaris va mettre à la disposition des usagers, dès cette année, une vingtaine de bornes de rechargement lentes et rapides.

Mise en place d'un système d'autopartage

Elle annonce également la mise en place d'un système d'autopartage avec réservation sur l'internet pour les déplacements de courte durée et la mise à disposition d'offres couplées « petites surfaces de stockage sous froid – place de parking pour VUL avec branchement électrique ».

Compte tenu de l'enjeu, le marché a pris l'initiative de favoriser le contact des professionnels avec les constructeurs de véhicules propres. Dans un récent communiqué commun avec la Semmaris, Renault fait ainsi la promotion auprès des acheteurs du marché des premiers Kangoo Z.E. équipés d'un groupe froid sur batterie auxiliaire. Outre l'électrique, surtout réservé à la livraison de proximité, les constructeurs disposent également de solutions motrices propres pour les flottes des grossistes comme le GNV ou le diesel Euro 6 ou de technologies plus efficaces en termes de froid comme l'azote liquide, le dioxyde de carbone liquéfié, les groupes froid électrique avec batteries propres ou encore les sacs de neige carbonique.

Un terminal ferroviaire à pérenniser

Lors d'une présentation du bilan carbone du secteur des fruits et légumes de Rungis (lire encadré), la direction du marché a également attiré l'attention des grossistes sur la nécessité de pérenniser le terminal ferroviaire de Rungis, qui permet chaque année l'acheminement « propre » depuis le midi de la France de 200 000 tonnes de fruits et légumes, soit l'équivalent, chaque jour, de 70 semi-remorques.

LES FRUITS ET LÉGUMES FONT LEUR BILAN CARBONE

Un bilan carbone de l'activité fruits et légumes de Rungis, réalisé par le cabinet Carbone 4 à la demande de la Semmaris, a été présenté en juin aux grossistes du marché. Cette analyse visait à apprécier la contribution particulière du Min au sein de la supply chain. Elle met en évidence l'impact important du mode de production sur le bilan final, une tomate produite sous serre en France affiche un bilan carbone nettement plus défavorable qu'une tomate d'importation en plein champ. L'étude fait aussi ressortir l'importance de la saisonnalité du produit (avec par exemple un impact négatif de la conservation de longue durée pour le bilan carbone de la pomme), le rôle positif du fret ferroviaire ou encore l'impact important des déplacements des consommateurs lorsqu'ils font leurs courses en hypermarché.

Or, la Sncf pointe régulièrement du doigt le manque de rentabilité de la ligne et envisagerait la suppression d'un des deux trains quotidiens effectuant en saison la liaison entre Perpignan et Rungis. Le gestionnaire du marché, associé à un groupe de travail constitué avec la Sncf, recherche des solutions d'optimisation de cette activité pour assurer sa pérennité. Mais elle souligne que l'implication des professionnels pourrait se révéler déterminante. Une augmentation de 25 % des capacités permettrait en effet de parvenir à un équilibre de la rentabilité.

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