Riz : le discret Marbour renoue avec la croissance en 2007
Marbour repart sur les chapeaux de roue. Après un exercice 2006 stable, ses ventes de riz enregistrent une progression de 44 % sur le premier trimestre 2007. Une performance qui représente déjà plus de 30 % de ses objectifs annuels. 70 % des 134,5 millions d’euros de chiffre d’affaires sont aujourd’hui réalisés dans l’agroalimentaire. Objectif 2007 : 152 millions d’euros de facturations. « Après cette pause qui nous a permis de nous recentrer et de développer nos capacités de production, notre expansion sera cette année assurée par de la croissance interne » explique Jean-Christophe Pastré, responsable de VSR France, filiale du groupe dans l’Hexagone.
Les 300 000 à 400 000 unités de riz précuit appertisé qui sortent désormais chaque mois des lignes de son usine de Lamballe – notamment sous format doypac – doivent trouver leur marché. 5 millions d’euros ont été investis sur ce site depuis l’été 2006, date de son rachat à Agis. Ses capacités de production plafonnaient alors à 40 000 unités/mois. Spécialisé dans la transformation et le conditionnement de riz commercialisé sous MDD (90 % de ses volumes), Marbour se pose en « défricheur » du segment « prêt en 2 minutes », très valorisé. En ligne de mire, les marchés français, britannique et allemand. « D’ici 2010, notre but est d’atteindre le leadership européen sur le riz précuit écoulé sous MDD, mais aussi de tenir le rang de troisième transformateur du secteur et n°1 de la MDD » annonce Jean-Christophe Pastré.
De belles ambitions pour un groupe qui n’a posé le pied sur le Vieux continent qu’en 2003. Déjà transformateur de riz à la Réunion et aux Caraïbes, Marbour rachète cette année-là VSR, poids lourd hollandais de la transformation de riz. S’en suit la reprise du Polonais Rol Riz fin 2004. Marbour voit ses volumes annuels passer de 20 000 tonnes en 2002 à… 120 000 tonnes fin 2005.
Entre-temps (en 2004), VSR France est créé. Avant de mettre la main sur son site breton, un partenariat avec Agis est tout d’abord négocié pour assurer la production de riz précuit. La filiale française du groupe écoule aujourd’hui auprès de la GMS 10 000 tonnes de riz blanchi, transformées sur le site polonais de VSR, qui traite également la production de riz de la marque Rivoire & Carré. VSR France vient également de signer avec le distributeur Carrefour. « Sur un marché national d’environ 130 000 tonnes, étal, nous avons forcément pris des parts de marché à la concurrence » analyse Jean-Christophe Pastré… mais pas encore sur le riz précuit ! « Le démarrage tardif de notre activité a freiné notre développement sur ce marché devenu rapidement très concurrentiel en GMS » se justifie le dirigeant, qui compte également sur le marché anglais pour lancer ce type de produit.
Maîtriser l’amont
Pour maîtriser cette croissance, Marbour doit gérer son parc industriel. Le groupe envisageait il y a peu de procéder à une nouvelle acquisition, dans le Sud de l’Europe cette fois. Un moyen de compléter sa couverture géographique et de se rapprocher des zones de production. Mais selon Jean-Christophe Pastré, « la flambée des cours du riz a remis en cause la pertinence d’une telle opération ». D’importantes sommes sont en revanche engagées en Pologne ainsi qu’aux Pays-Bas : 3 millions d’euros pour développer le site de conditionnement de Rol Riz et l’équiper d’un outil de transformation. 50 000 tonnes de riz blanchi pourront ainsi sortir de ses lignes chaque année contre 15 000 tonnes fin 2004. 1,5 million d’euros est également investi chaque année depuis 2003 sur l’implantation hollandaise de VSR. Sa production dépasse aujourd’hui les 100 000 tonnes de riz par an. Pour affronter directement la hausse des cours des matières premières, Marbour a choisi d’attaquer le problème de front : maîtriser l’amont, avec l’acquisition d’une rizerie dans un bassin européen de production. L’opération devrait se réaliser sous peu.