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Revenu viticole : un calcul contestable

Les viticulteurs dénoncent le calcul erroné de l’Insee concernant l’estimation du revenu de la viticulture.

Dans un communiqué daté de mardi, Denis Verdier, président de la Confédération des coopératives vinicoles apporte une nécessaire explication à l’annonce faite par l’INSEE, dans le cadre des comptes de l’agriculture, d’une progression du revenu de la viticulture en 2004, de 42%. Ce chiffre, dans un revenu agricole globalement en baisse a pu surprendre nombre d’observateurs, d’autant que la profession se plaint d’un état de crise.

Cette hausse officielle du revenu vinicole 2004 repose sur une méthodologie inadaptée au secteur et que dénonce Denis Verdier : «la méthode adoptée est basée sur les produits agricoles où récolte et vente sont concomitantes ; on multiplie le volume de la récolte de l’année n par le prix moyen de l’année n (...) ; tout le monde (pas forcément : NDLR) sait qu’en viticulture, la récolte 2004 ne sera pas vendue en 2004 et les viticulteurs savent bien qu’ils ne la vendront pas aux prix pratiqués en 2004». Le communiqué du ministère commentant les calculs de l’INSEE précisait d’ailleurs que cette augmentation de 42% ne se retrouverait pas dans la trésorerie des viticulteurs en 2004 et que sur le long terme (de 1999 à 2004) le revenu viticole accuse une baisse de 7%. Ce calcul du revenu viticole 2004 d’après une récolte en hausse de quelque 10 millions d’hectos et les prix élevés de 2004 mène évidemment à une hausse considérable alors que les prix auxquels seront vendus ces vins cette année, sont en forte baisse.

Gros retard des ventes des VDT et de pays

Si l’on considère la région la plus représentative en vins de table et de pays, on constatait à la fin décembre 2004 une baisse des prix moyens des vins de table de 10% par rapport à l’année précédente et de 5% en vins de pays. Mais, surtout, la campagne de commercialisation a démarré très tardivement, le négoce ne s’étant pas précipité aux achats devant l’abondance des disponibilités. Ainsi, à la fin décembre, les ventes accusaient un retard de 35% par rapport à la campagne précédente, en vins de table, et de 28% en vins de pays. Le vrai calcul du revenu de la viticulture pour ces catégories de vin, se trouve là.

On peut logiquement penser que la cadence des transactions va s’accélérer dans les prochaines semaines, mais les espoirs de réelle augmentation des prix sont minces.

Pour ce qui est des AOC, il est encore trop tôt pour procéder à une analyse du marché eu égard à la faiblesse des volumes traités et à la diversité des situations régionales. On notera toutefois une bonne campagne de primeurs en Beaujolais et en Touraine, qui ne doit pas laisser présumer du reste de la saison.

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