Regroupement dans le label rouge porcin
Ils sont six groupements qualité à avoir trouvé un modus vivendi, au travers de l’association « Label Porc» spécialement constituée en décembre dernier, pour aplanir leurs divergences et se mettre autour d’une table pour bâtir un cahier des charges « porc label rouge» qu’ils présenteront à la CNLC Commission nationale des labels et des certifications de produits agricoles et agroalimentaires en octobre, ont expliqué leurs responsables pendant le Space, la semaine dernière. Les six, ce sont l’Association pour la promotion des viandes du Centre (APVC), le Groupement des fermiers d’Argoat, les Porcs de la Sarthe, Porc tradition Bretagne, Qualiporc et le Syndicat des Volailles Fermières. Des groupements qualité positionnés depuis dix à quinze ans dans la production de porcs sous label rouge qui ne représentent pas l’ensemble de la production.
Mais du fait de leur situation géographique, dans l’Ouest et le Massif central où se concentre l’essentiel de la production -près d’une quinzaine de groupements de producteurs adhèrent à leur démarche-, ils affirment haut et fort avoir leur mot à dire. Car l’enjeu est essentiel. La CNLC imposera, à partir du 1er janvier 2006, que la production de porcs en vif destinée à la transformation en produits de charcuterie sous label rouge soit également labellisée (lire en Une), alors qu’une CCP suffit aujourd’hui. Or les transformateurs sont loin du compte.
16,5% des besoins seulement sont couverts
Selon les chiffres de « label Porc», il se produit actuellement en France, chaque semaine, 6600 porcs sous label rouge -un tiers en label rouge, un second en fermier label rouge et le dernier tiers en plein air label rouge-, soit seulement 16,5 % des besoins du marché de la transformation (40 000/semaine). « Leurs fournisseurs en cochons sous CCP travaillant déjà sur paille, ils pourront rapidement les convertir au label rouge (respect du paysage et de l’environnement, viandes sélectionnées pour leurs aptitudes charcutières)», a expliqué la présidente de Label Porc, Dominique Huet.
Les six groupements qualité tentent donc un coup : représenter une offre importante au travers d’un cahier des charges unique pensé avec les industriels - « Nous avons contacté des opérateurs en charcuterie sèche, jambons... pour leur demander quels sont leurs besoins en qualité», a poursuivi Dominique Huet.
Poids, teneur en gras, Ph... tout a été passé en revue. Stime développer la production de ses adhérents à 9000 par semaine, puis d’aller vers 18 000 sur sols indifférenciés. L’association compte bien, en effet, déposer avant la fin de l’année un second projet « de label rouge fermier». Ce mouvement d’ensemble pour bâtir un référentiel commun augure même des projets commerciaux communs, par exemple pour approvisionner en vif de gros marchés.