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Raisin de table : les AOC tirent leur épingle du jeu

Alors que le raisin standard souffre, les AOC affichent une bonne santé due à leurs spécificités. La campagne est estimée entre 5 000 à 6 000 tonnes de chasselas de Moissac, et 1 500 tonnes de muscat du Ventoux.

Volumes limités et encadrés, contrôles stricts, goût particulier… Autorisées à la commercialisation depuis un décret du 28 août, les deux seules AOC raisin françaises présentent un visage plus souriant que la filière raisin de table classique. Pour les heureux élus, le muscat du Ventoux et le chasselas de Moissac, la campagne a débuté sous le signe de conditions météo exceptionnelles. Les syndicats AOC attendent cette année de 5 000 à 6 000 tonnes de chasselas de Moissac, et 1 500 tonnes de muscat du Ventoux. « N'est vendu que ce qui est conditionné» fait remarquer René Reynard, président de la section nationale raisin mais également du syndicat de défense de l'AOC muscat du Ventoux, situé dans le Vaucluse. « Aujourd'hui, le kilo de muscat AOC est payé 1,40 euro au producteur. C'est un peu moins que 1,50 euro de l'année dernière, mais c'est dû à la pression actuelle» assure M. Reynard, en référence au raisin de table standard qui peine à trouver sa place en linéaires (voir LM du mercredi 31 août).

Les plus belles grappes ont le droit d’être AOC

Pour les AOC, la valorisation est meilleure, « mais elle pourrait l'être encore plus», juge Gérard Bidal, producteur de muscat du Ventoux, qui livre son metteur en marché 2 fois par jour. Les plus belles grappes (250 g minimum) ont le droit d'être commercialisées sous appellation, avec un rendement maximal de 10 tonnes/ha (13 t pour les pieds de vigne placés en lyre). Elles sont ciselées à la main pour retirer les grains pas assez colorés ou flétris. Les autres grappes, selon leur forme et leur taille, sont vendues en catégorie un ou deux, à des prix inférieurs.

Pour dynamiser les ventes d'AOC, 10 % des volumes ont été vendus en barquette l'année dernière, une part qui augmente régulièrement mais dont le complément de rémunération reste faible pour les producteurs, devant les coûts supplémentaires générés. Plus à l'Ouest, le Chasselas de Moissac, dont la zone d'appellation regroupe 76 communes du Tarn et Garonne et du Lot, est un produit fragile caractérisé par de petits grains et à la peau fine. De couleur très claire, il laisse passer la lumière lorsqu'il est exposé au soleil. Certaines grappes, conservées dans du papier sulfurisé qui leur fait prendre une coloration encore plus spécifique, ne sont présentes sur les tables que pour les fêtes de Noël, aux alentours de 7-8 euros. D'ailleurs, les deux AOC raisin de table sont présentes durant quelques mois dans les étals, grâce à la mise en chambre froide d'une partie de la production, qui ressort pour les fêtes de fin d'année.

Rédaction Réussir

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