Aller au contenu principal

Quels outils pour réguler la spéculation sur les marchés agricoles ?

La spéculation affecte les marchés agricoles et participe fortement à la volatilité des prix. Face aux risques pour la sécurité alimentaire, plusieurs États ont décidé d’intervenir, notamment à la suite du G20. Examen des outils mis à leur disposition.
L’été 2012 a été marqué par une nouvelle flambée du prix des matières premières agricoles. Cet épisode souligne la volatilité des prix, dont une des causes identifiées est la spéculation. Celle-ci trouve son origine dans l’intervention d’acteurs financiers non commerciaux, sur les marchés de produits dérivés agricoles, qui spéculent sur les prix des matières premières afin de réaliser des profits.
Or, la spéculation entraîne des conséquences dommageables directes pour les industriels, qui doivent faire face à une augmentation accrue du prix des intrants, mais également pour le consommateur qui voit ce coût répercuté dans le prix final des denrées. La sécurité des approvisionnements alimentaires est aussi directement affectée. Pour tenter d’éradiquer ce phénomène, les gouvernements de plusieurs États, notamment du G20, ont décidé d’intervenir, mais les outils à leur disposition ne sont pas nombreux.
Il semblerait que le manque de transparence sur les marchés agricoles favorise la spéculation, c’est la raison pour laquelle le G20 a créé l’Agricultural Market Information System (AMIS), dont l’objectif est de rassembler des informations fiables sur les marchés : état de la production, consommation, stocks. Il lui a été adjoint un « Forum de réponse rapide », dont la mission est de coordonner les interventions des États en cas de crise.

Les mesures européennes

La spéculation est également favorisée par la régulation insuffisante des marchés financiers. L’Union européenne, sous l’impulsion du commissaire européen Michel Barnier, en charge du Marché intérieur, a entrepris de remédier à cette situation. Une première étape a été récemment franchie lors de l’adoption du règlement EMIR*, dont l’objectif est de réguler les opérations de gré à gré qui constituent l’essentiel des opérations financières relatives aux produits agricoles. Il prévoit une obligation de compenser toute opération couverte par le règlement, dans des chambres de compensation prévues à cet effet, ainsi qu’une obligation de déclaration de ces opérations.
De la même façon, la révision de la directive concernant les marchés d’instruments financiers (MiFID), actuellement en cours, vise, entre autres mesures, à accroître la transparence des transactions financières concernant des produits agricoles. La proposition de la Commission contient ainsi une obligation de déclaration des positions par catégorie d’opérateurs, ainsi que la possibilité pour les autorités de régulation d’imposer des seuils de positions en cas de perturbation des marchés.
D’autres outils, qui s’apparentent davantage à des suggestions ou à des incitations, sont également envisagés pour limiter les effets de la spéculation : par exemple, une augmentation de la production et de la productivité afin de satisfaire la demande, ou des investissements en faveur des producteurs et de la recherche. Par ailleurs, une application plus systématique et contraignante des règles adoptées dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce contribuerait au développement des échanges commerciaux internationaux. Enfin, la constitution de stocks agricoles plus importants permettrait de maintenir un approvisionnement normal, malgré la survenance d’une crise.
Manifestement, une lutte efficace contre la spéculation sur les marchés agricoles nécessiterait d’employer cumulativement l’ensemble des mesures susmentionnées.

* Règlement (UE) n°648/2012.
Rédaction Réussir

Les plus lus

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Les administrateurs de l'interprofession Anvol
Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés »

 2 200 poulaillers et près de 2,8 milliards d’euros d’investissements, c’est ce qu’il faudrait à la France pour…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio