Aller au contenu principal

Que reproche-t-on à France Farine ?

Dans sa décision retentissante du 13 mars dernier, l’Autorité de la concurrence a estimé que la constitution de l’entreprise France Farine avait contribué à verrouiller le marché, causant aux consommateurs français un dommage important.
Endives, farine, et prochainement porc, yaourts… L’Autorité de la concurrence examine de près la chaîne agroalimentaire. Et elle n’a pas fait dans le détail en sanctionnant des meuniers français et allemands à hauteur de 242,4 millions d’euros pour une entente sur la farine qu’elle rappelle être « un produit de consommation courante indispensable ». Dans sa décision du 13 mars 2012, elle pointe notamment du doigt le fonctionnement de France Farine, entreprise commune créée en 1965 et comptant jusqu’au 1er janvier 2012 parmi ses actionnaires les meuniers Nutrixo, Farines Grand Public, Epis-Centre et Sofracal (1). Si les entreprises communes ne sont pas interdites de façon générale, l’Autorité de la concurrence estime que France Farine avait « pour objet réel une entente sur les prix de la farine et la répartition des clients entre les différents meuniers » (2). Ayant plaidé pour le principe d’exemption, prévu par le droit européen et national de la concurrence, « qui permet à une pratique restrictive de concurrence de ne pas se voir appliquer les règles de la concurrence » sous certaines conditions, France Farine a vu sa demande rejetée.

Pas assez d’investissements

Pour être exempté, l’accord sur les prix établi par l’entreprise « aurait notamment dû contribuer à améliorer la production ou la distribution de produits ou services ou à promouvoir le progrès technique ou économique », rappelle la décision. Or si les meuniers actionnaires de France Farine ont réussi à « faire de la marque Francine une référence – les consommateurs français y sont d’ailleurs très attachés », l’Autorité estime qu’aucun élément du dossier ne montre que l’entreprise a réalisé des « investissements risqués ou coûteux ». Un « avantage objectif sensible » aurait aussi pu être obtenu si les entreprises associées avaient procédé à un redéploiement des sites d’ensachage sur le territoire national, indique aussi l’institution.

1. Depuis le 17 janvier dernier, Nutrixo détient 100 % du capital de France Farine.
2 . À noter que le fonctionnement de Bach Mühle ayant pour objet de commercialiser de la farine hard- discount a aussi été dénoncé.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio