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Produits laitiers : les appellations restent dans la course

La production comme la commercialisation des 47 appellations d'origine laitières sont à la hausse et font même mieux que le reste du marché. Attention cependant aux hausses de prix.

Réunies au sein du Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol), les 47 AOC laitières (44 fromages, deux beurres et une crème) viennent de publier leurs statistiques économiques avec une certaine satisfaction. Si la production 2006 s’établit à 234 406 tonnes, en augmentation de 1 304 tonnes par rapport à 2005, elles sont surtout en progression de près de 15 % depuis 1996. Les six plus importantes appellations culminent au-dessus de 10 000 tonnes. Il s’agit du Comté (50 202 t), suivi du Roquefort (18 863 t), du Cantal (17 298 t), du Reblochon (16 480 t), du Saint Nectaire (13 800 tonnes) et du camembert de Normandie (13 042 t). Ces volumes importants sont à comparer avec les 3 appellations à moins de 100 tonnes : Maconnais 15 t, Banon 68 t et Chevrotin 98 t. Mais ces trois petites appellations sont aussi les plus récentes. Les tonnages au lait cru (142 660 t) représentent 71 % des volumes et sont également en augmentation de 14, 8 % en dix ans. L’évolution des volumes fermiers produits représente 26, 5 % d’augmentation sur la même période.

Un budget de 3,6 millions sur trois ans

86 % des fromages sont fabriqués à partir de lait de vache, 11 % à partir de lait de brebis et 3 % à partir de lait de chèvre. L’ensemble de cette production est collecté chez 17 000 producteurs de lait. La quasi-totalité des AOC fabriquées à partir de lait de brebis et 71 % de celles fabriquées au lait de vache se situent en zone de montagne.

Mais si ces AOC augmentent régulièrement leur production, qu’en est-il de la commercialisation ? Alors qu’en 2005, l’ensemble des volumes de fromages avait reculé, en 2006 les AOC gagnent 1 % alors que les fromages marketés (type emmental, raclette, camemberts pasteurisés…) restent stables et les fromages génériques (tels Vache qui Rit ou Leerdammer) perdent 1 %.

En termes de lieux d’achat, les hypers restent la valeur sûre avec 45,6 % des achats des ménages, les super ont tendance à s’effriter avec 31 % des achats au profit des hard discount qui en réalisent 20 %. Contrairement à l’image de service et d’authenticité du rayon coupe, convenant bien aux AOC traditionnelles, celui-ci continue à subir une érosion importante et régulière (40,5 % en 2001 et 27,6 % en 2006) au profit du libre-service (59,3 % en 2001 contre 72,3 % en 2006).

Forte de ces données économiques, la filière a activé son second budget de communication avec l’aide de la Commission européenne. D’un même montant que le précédent, soit 3,6 millions d’euros, et sur une même période de trois ans, il associera certaines AOP fromagères européennes qui exportent en France. La Commission finance 50 %, l’office de l’élevage 20 % et les professionnels 30 %. Parmi les axes choisis, la presse féminine, un site internet avec un jeu, une brochure de 44 pages tirée à un million d’exemplaires, des affiches « carte» des AOP françaises en recto et des AOP européennes en verso, un dossier de presse sonore adressé à 1 000 stations de radio FM et un podcast vidéo pour les télévisions locales. Le thème de la campagne retenu est : « Sous l’étiquette, le plaisir ».

Reste la question de l’apposition du logo européen qui ne prendra toute sa place que lorsque le logo français obligatoire aura disparu. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, s’y est engagé lors de l’AG du Cnaol à Aurillac.

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