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Produits laitiers industriels : étonnante embellie

Alors que l’on craignait un printemps difficile pour les produits industriels, les cours ont au contraire nettement progressé, dopés par des disponibilités limitées. Toutefois, l’avenir reste très incertain et l’amélioration des marchés pourrait n’être que temporaire...

La situation actuelle des marchés des produits laitiers connaît une légère embellie, annonçait-on à l'issue du conseil de direction de l'Onilait, jeudi 17 juin.

Une nouvelle d'autant plus surprenant qu'après l'arrivée des 10 nouveaux pays adhérents, et juste avant la baisse des prix institutionnels, beaucoup s'attendaient à une franche dégradation du marché. Une certaine tension est en fait apparue pour les différentes familles de produits, en raison d'un manque de disponibilités. Au niveau de la matière première, l'offre ne se développe pas, puisque que les premiers mois de collecte se traduisent par un nouveau recul, en France comme dans le reste de l'Union. Dans l'Hexagone, la baisse de la collecte est de 4,7 % en mai, et de 3,8 % pour la première semaine de juin. Pour l'Union, le recul est de 0,7 % sur le premier trimestre, ce qui représente près de 200 000 tonnes de lait en moins. Rappelons que la précédente collecte française s’est achevée sur une sous-réalisation record de 350 000 tonnes environ pour le secteur livraison, la plus importante depuis la mise en place des quotas laitiers.

Hausse des prix pour les produits industriels

Ce niveau faible de collecte entraîne logiquement un recul des fabrication. Les produits dits d'ajustement sont les premiers concernés, et la poudre de lait écrémé (PLE) est nettement touchée. Pour le premier trimestre, la production de PLE recule de 14 % dans l'UE. Le beurre est moins affecté, mais lui aussi connaît un repli de 2 % de ses fabrications. A contrario, la poudre grasse, bénéficiant d'une bonne demande à l'export, progresse (+2% de production), alors que les fromages stagnent (+0,3%).

Profitant de cette limitation de l'offre, les prix des produits industriels ont connu des nettes progressions, atteignant des niveaux qui restent tout de même très modérés. La PLE destinée à la consommation animale est passée de 1900 euro/tonne en début d'année à 2030 euro/tonne ces dernières semaines. Le beurre vrac se situe quant à lui à 2990 euro/tonne, soit un cours toujours inférieur à 92 % du prix d'intervention. L'embellie est donc à nuancer, puisque les cours n'atteignent pas des plafonds... En revanche, au niveau mondial, les prix ont littéralement flambé. L'Océanie est actuellement dans son creux de production, ce qui peut expliquer cette situation.

Remise sur le marché de stocks publics

Dernièrement, la Commission a décidé, pour les produits qui disposaient encore d'une marge de manœuvre sur les contingents GATT, d'augmenter la durée de validité des certificats à l'export. Ainsi, à partir du 11 juin, les certificats pour le beurre et les «autres produits laitiers» (poudre grasse notamment) sont valables 4 mois, plus le mois en cours. En contre partie, elle a également décidé de baisser les taux de restitution : pour le beurre "hors Russie ", la restitution passe de 150 à 141 euro/100 kg, alors que pour la poudre grasse, elle recule à 75 euro/100 kg, contre 84 dernièrement.

Mais la mesure qui préoccupe le plus les opérateurs est la remise sur le marché, à partir du mois de juillet, de beurre et PLE issus des stocks publics. Ces produits seront vendus selon le nouveau système d'adjudication, et beaucoup y voient un moyen de faire pression sur les prix. L'embellie pourrait donc être rapidement annihilée par cette mesure.

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