Production d’aliments du bétail : le retour à la reprise

Dans notre édition de jeudi dernier, nous avions présenté et commenté les chiffres de la production française d'aliments du bétail en début d'année 2008. Ceux-ci sont décevants en mars, comparés aux très bons résultats des mois précédents. Rappelons que ce médiocre bilan de mars 2008 par rapport à mars 2007 est largement imputable à deux jours ouvrés en moins cette année. A ce titre, les statistiques d'avril, avec deux jours ouvrés de plus, établiront une base d'analyse plus objective de l'évolution. Le bilan du 1 er trimestre, avec une progression globale de 5,6 %, demeure encourageant, mais elle est surtout due à la progression persistante des aliments pour bovins, + 20,5 %, notamment des aliments vaches laitières, l'augmentation de l'aliment porcs s'affichant à + 0,8 %, l'aliment volailles à + 1,5 %.
Reprise laitière
Cependant, c'est du bilan de l'année 2007 que l'assemblée générale du SNIA, Syndicat national des industriels de la nutrition animale, réunie le 29 mai à St Malo devrait tirer le plus de satisfaction. En effet, comme nous l'avons déjà souligné, ce millésime marque pour l'industrie française de l'alimentation du bétail le retour à une évolution positive après 6 années successives de recul de la production et ce, dans une conjoncture apparemment peu propice, marquée par la hausse spectaculaire du prix des matières premières. Les industriels ont tenté d'amortir autant que faire ce peut ces hausses dans le prix de l'aliment, alors que la bonne orientation générale du marché des produits animaux permettait aux éleveurs de mieux faire face à cette hausse. Car s'il y a eu développement de la production des aliments, c'est que parallèlement la consommation a pu assurer l'équilibre. C'est particulièrement vrai pour l'élevage bovin et, plus précisément encore pour les spécialités vaches laitières dont la demande a été stimulée par la forte hausse des prix du lait et la reprise de la production laitière dans une démarche de rattrapage de la sous-réalisation du quota. On notera au passage que la collecte de lait est actuellement de 490 à 500 millions de litres par semaine, soit 6 % en moyenne au-dessus de l'an dernier.
En ce qui concerne le porc, la progression des fabrications a été plus modeste, à l'image de l'évolution du marché du porc. Néanmoins la production d'aliment porcs affiche une augmentation de 1,8 %. S'agissant de la volaille, la progression globale est de l'ordre de 3 %, avec une bonne avancée de l'aliment poulet de chair qui a poursuivi le rattrapage de la chute de production de 2006, conséquence de la grippe aviaire, les poules pondeuses ayant assuré un courant régulier de demande. Mais la dégradation du marché de la dinde s'est poursuivie (et perdure), se traduisant par une baisse continue de la production d'aliment pour cette catégorie.