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Poulet : l’Allemagne s'accommode d'une plus faible densité d’élevage

La dernière analyse sur les facteurs de compétitivité de la volaille en Allemagne réalisée par l'Itavi préfigure l'avantage allemand en poulet. Même si, dans ce pays, la mortalité est plus importante qu’en France.

La limitation de la densité d'élevage des volailles, qui doit faire l’objet d'un projet de règlement européen sur le bien-être du poulet à paraître ces prochaines semaines, est acquise en Allemagne. Pour le poulet de chair, elle est fixée à 35 kg de poids vif par mètre carré, alors que la commission s'apprête à proposer un maximum de 38 kg/m2. En France, la densité se situe entre 40 et 42 kg/m2. Et pourtant, les performances techniques sont à peu près les mêmes de part et d'autre du Rhin.

C'est ce que montre une comparaison établie à partir des données de l'Itavi, de la chambre d'Agriculture du Grand-Ouest (en poulet standard) et de la chambre d'Agriculture de Weser Ems pour la Basse-Saxe, bassin d'élevage intensif. Selon ces sources, l'élevage dans le land allemand obtient 242 kg/m2/an contre 237,2 kg/m2/an dans le Grand-Ouest et 246 kg/m2/an en France. Première différence notable : davantage de bandes se succèdent en Basse-Saxe : 7,24 en moyenne contre un peu plus de 6 en France. Seconde différence : la production allemande repose essentiellement sur un poulet «lourd» destiné à la découpe. Celui-ci est abattu entre 38 et 40 jours quand il atteint un poids vif de 1,8 kg à 2 kg.

Dans l'analyse des facteurs de compétitivité de la filière allemande réalisée par l'Itavi au printemps dernier, le poulet lourd allemand est abattu à 48,4 jours alors qu'il pèse 1,97 kg ; le poulet standard français est abattu à 40 jours alors qu'il pèse 1,94 kg vif (source Itavi) ou 1,87 kg (source Grand-Ouest).

La densité est-elle un critère pertinent de bien-être ? Qu'on en juge : si le gain de poids quotidien est un peu meilleur en Basse-Saxe (51,1 g/j) que dans le Grand-Ouest (47,23 g/j) et en France (48,5 g/j), la mortalité est supérieure : 4,55% contre respectivement 4,1% et 3,4%. Toujours est-il, les consommateurs allemands sont incités à acheter du poulet né, élevé et abattu en Allemagne, un pays où l'on ne plaisante pas avec le bien-être animal. La majeure partie de cette viande fraîche est certifiée QS (pour Qualité et Sécurité) sur des critères de traçabilité, d'alimentation, d'environnement et de lutte contre les salmonelles. La France n'est pas engagée dans ce label alors que des entreprises étrangères le sont, dont AIA en Italie, Astenhof en Hollande et Eldrop en Pologne. Cette lacune peut constituer à court terme un frein à la pénétration des volailles françaises en Allemagne, considèrent les auteurs de l'analyse.

Les coûts de production au kilo vif de poulet sont proches, eux aussi (0,735 e en France, 0,786 e en Allemagne), même si l'amortissement des bâtiments pèse plus du côté allemand où les bâtiments « clairs » à sol bétonné remplacent peu à peu les anciens bâtiments en briques.

Forte de ces résultats, l'Allemagne a intérêt à voir la réglementation européenne aller vers une plus faible densité d'élevage en poulet. Le pays développe en effet ses exportations de viandes de volaille. Celles-ci ont surtout augmenté sur la Russie, passant de 9 440 tonnes en 1998 à 47 520 tonnes en 2003. Mais 60% des 245 000 t de produits allemands exportés se destinent aux pays de l'Union européenne.

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