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Porc : le marché marque une pause

La semaine dernière, le cours du vif est resté quasiment inchangé après plusieurs semaines de hausse ininterrompue. Mais l’offre en production n’a pas évoluée, ce qui devrait entraîner de nouvelles progressions dans les semaines à venir.  

Le marché a très peu évolué jeudi dernier au MPB, alors que la majorité des opérateurs s’attendait à une nouvelle hausse significative.

Cette pause dans l’évolution du cours, vivement souhaité par les abattoirs, devrait cependant être de courte durée. Depuis février, les abattages hebdomadaires se situent aux alentours de 370 000 porcs dans la zone Uniporc Ouest, soit environ 20 à 25 000 de moins que l’année dernière à la même époque. Sur février, on estime la baisse des abattages à 6,5 %. Les abattoirs fonctionnent à flux tendu, et cela a déjà entraîné de nettes revalorisations des cours à travers toute l’Europe. En France, le cours 54 TVM a progressé de 23,4 centimes depuis le début du mois de février, et il a enfin dépassé son niveau de l’année dernière depuis la mi-février.

Malgré une consommation qui ne semble pas vouloir reprendre, les prix de la découpe ont suivi la tendance, motivés par la baisse des disponibilités. La semaine dernière, les tarifs du jambon et de la longe ont ainsi progressé de 10 à 15 centimes.

La production pourrait encore s’effriter

Dans les mois à venir, la production pourrait de nouveau se réduire. En effet, si la baisse actuelle est certainement une conséquence des truies mortes pendant la canicule, elle résulte aussi d’une diminution plus structurelle engendrée par deux années de crise. Restent à venir les effets des retours en chaleur du mois d’août, qui devraient se faire sentir vers le mois de mai.

Dans les autres pays européens, la réduction de l’offre est aussi d’actualité. Même en Espagne les prévisions de prix sont revues à la hausse, et les opérateurs peinent actuellement à constituer des stocks en prévision des mois d’été. Une note de prudence peut tout de même être apportée, puisque le marché nous a dernièrement souvent démontré sa facilité à se retourner…

Exportations dynamiques vers l’Asie…

L’exportation se porte quant à elle plutôt bien, après plusieurs années de misère…

Si aucun chiffre n’est encore disponible, les opérateurs annoncent tous des résultats en nette progression vers l’Asie depuis le début de l’épidémie de grippe aviaire. En revanche, les restitutions qui ne sont plus destinées qu’au marché russe ont peu d’impact sur les échanges avec ce pays, où la concurrence brésilienne reste trop importante pour accroître sensiblement nos débouchés. Ainsi, la remise sur le marché de la viande issue de l’opération de stockage privé ne devrait pas avoir d’impact cet été puisque les volumes seront vraisemblablement tous exportés…

… où les opérateurs européens sont très présents

Dans son dernier rapport, la FAO dresse un bilan provisoire de l’impact de l’épidémie en Asie sur le marché porcin. En effet, suite à l’interdiction d’importer de la viande de volaille des pays infectés, et suite à l’embargo sur la viande de bœuf en provenance des États-Unis et du Canada, la demande en viande porcine a très fortement augmenté. Et pour une fois, il semble que les opérateurs européens soient particulièrement bien placés.

L’impact est déjà particulièrement visible au Japon, où le prix du porc a augmenté de 40 % dans les jours qui ont suivi la mise en place des embargos (ce qui a d’ailleurs conduit l’UE à annuler les restitutions pour les exportations vers l’Asie).

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