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Porc : gagner de l'argent avec ses coproduits

Générateurs de coûts, les coproduits peuvent se muer en source de profits.

Comment transformer un coût en profit ? Les abattoirs de porcs ont ce rêve à portée de main avec leurs coproduits. Un groupe de travail sur l'énergie en a fait la démonstration mercredi, à l'assemblée générale d'Inaporc. Dans son rapport d'orientation, l'interprofession souligne que « si jusqu'à présent, la logique était d'avoir recours à des sociétés extérieures (notamment les équarrisseurs) pour l'élimination des coproduits, aujourd'hui, de nombreuses entreprises de la filière ont lancé des investigations, afin de trouver en interne leurs propres solutions de traitement avec une dimension énergétique évidente (méthanisation des boues de station, utilisation des graisses pour les biocarburants...) ».

Exemple avec Louis Gad. L'entreprise finistérienne s'est constitué deux centres de profits, en installant une unité de traitement des graisses et une unité de méthanisation. La première date de 1998. « Nous voulions obtenir notre indépendance vis-à-vis des équarrisseurs. C'était une prise de risque. Des problèmes sont survenus à la mise en route, car nous ne possédions pas le savoir-faire », a raconté le directeur général Francis Coadou. Trois lignes ont été installées à l'époque, pour la fabrication de farines, le traitement des graisses, la production de saindoux. L'unité de méthanisation remonte, elle, à 2003. « Au départ, il s'agissait de répondre à des problèmes environnementaux. Mais, c'est devenu une source d'énergie », a-t-il expliqué.

Degré de transformation

27 000 tonnes entrent dans l'unité graisse. Il en sort 1 900 tonnes de saindoux, utilisé notamment dans les industries de la conserverie et de la biscuiterie, 2 600 tonnes de graisse d'os, envoyée aux fab en Espagne ou vendue aux entreprises de pet food, 4 200 tonnes de farine animale, également utilisée en pet food. « La force des outils d'abattage sera demain de découper tout, de désosser un maximum et d'élaborer sur site », a souligné Francis Coadou.

Implantée en Zone d'excédent structurel (Zes) d'azote, l'entreprise de Landivisiau a opté pour une unité de méthanisation lui permettant de résoudre deux problèmes environnementaux. Cet outil a entraîné une réduction du plan d'épandage et une atténuation des odeurs. Il représente l'équivalent de la consommation énergétique de 120 000 habitants. Louis Gad, avec 27 000 à 30 000 porcs hebdomadaires, produit l'équivalent de 6 giga watts par an, soit un gain de 180 000 euros sur la facture de gaz. Ses frais d'épandage sont réduits de 40 000 euros. Les frais d'incinération des refus de tamisage sont eux diminués de 50 000 euros

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