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Porc : des acheteurs américains en route vers l’Hexagone

La France sera bientôt autorisée à exporter du porc frais ou congelé aux Etats-Unis. Paradoxe, ses fabricants de produits de viande viennent d’être recalés par les vétérinaires américains.

Une importante délégation d’acheteurs américains de viande porcine doit arriver samedi en France. Cette visite est annonciatrice d’une bonne nouvelle. Le marché américain est sur le point de s’ouvrir. « Un projet de règlement vient d’être soumis au Journal Officiel des Etats-Unis, précise Christian Berger, conseiller agricole à la mission économique de Washington. La France est enfin considérée indemne de peste porcine classique (PPC) par l’administration américaine. Elle peut donc intégrer la liste des pays autorisés à exporter du porc frais ou congelé aux Etats-Unis.»

Les plus gros distributeurs et transformateurs d’Outre-Atlantique seront présents quatre à cinq jours dans l’Hexagone. Des visites d’entreprises du Grand-Ouest sont au programme. « Deux types de produits les intéressent : les ribs, cuisinés au barbecue, et les oreilles, valorisés en pet food », signale Paul Rouche, président délégué du Syndicat national du commerce du porc (SNCP). Les besoins du pays sont importants. Bien qu’exportateurs de viande porcine, les Etats-Unis sont aussi importateurs en pièces de découpe spécifiques. Le Danemark leur a expédié 80 000 tonnes l’an dernier. « L’ouverture du marché Outre-Atlantique est une chose, poursuit-il. On l’attend courant avril. L’agrément des entreprises françaises en est une autre. C’est là qu’intervient le lobbying.»

La situation actuelle est paradoxale. Alors que les frontières américaines sont en train de s’ouvrir, tous les fabricants français viennent de perdre leur autorisation d’exporter des produits de viande vers les Etats-Unis. « Cette sanction n’a rien à voir avec la crise irakienne, analyse Christian Berger. Elle est liée à une incompréhension entre les services vétérinaires. Quand ils reviennent de leurs visites d’entreprises dans l’UE, les inspecteurs américains racontent avoir vu des horreurs. En sens inverse, le discours est le même de la part des vétérinaires européens. »

Définir un référentiel commun d’inspection

Le cas de la France n’est pas isolé. La Hongrie subit elle aussi un embargo depuis deux mois. Sept de ses abattoirs ont été déclarés non conformes. L’Italie a échappé de peu à la sanction suprême, mais une grande part des entreprises transalpines a été radiée. Le Royaume-Uni ne possède plus que deux établissements agréés, l’un en Angleterre, l’autre en Irlande du Nord. Dans un mois, une mission américaine doit se rendre Outre-Rhin. Les Allemands en tremblent déjà.

« Je suis très étonné de constater que deux grands blocs commerciaux, comme l’Europe et les Etats-Unis, dont les normes sanitaires sont plutôt élevées, se chamaillent entre eux, au point de limiter leurs échanges, poursuit-il. Les services vétérinaires doivent se mettre autour d’une table et définir un référentiel commun d’inspection. D’ici là, des négociations bilatérales peuvent être menées pour redonner leur agrément à des entreprises. » C’est tout le travail effectué en ce moment par les autorités françaises. Paul Rouche espère accueillir une nouvelle délégation d’inspecteurs vétérinaires américains entre fin avril et début mai. « Il faut s’assurer au préalable que les outils seront au niveau des standards américains», souligne-t-il.

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