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Plastique végétale : Roquette sera prêt dès 2012

Roquette, qui figure parmi les quatre premiers mondiaux de l’amidon, se dit prêt à aborder la phase industrielle des produits biosourcés d’ici 2012. Il veut se positionner comme un acteur majeur de la future bioéconomie.
Le groupe Roquette a des arguments à faire valoir en matière de produits et de procédés dans le domaine de la bioéconomie. Le Nord-Pas-de-Calais pourrait devenir du même coup la région leader en production de plastiques végétaux. L’un des tout premiers mondiaux de l’amidon et de ses dérivés prépare plus qu’activement l’après-pétrole en s’appuyant sur plusieurs pôles de compétitivité (Maud, IAR, NSL…).

Substituer les molécules issues de la pétrochimie
« À Lestrem (62), nous investissons près de 50 millions d’euros dans une unité industrielle permettant de produire 20 à 30 000 tonnes de produits utilisés comme matière première dans de nombreux polymères, solvants et plastifiants verts. Ils sont obtenus à partir de la molécule d’isosorbide provenant elle-même du sorbitol », explique Christophe Rupp-Dahlem.
Le directeur des programmes de recherche « chimie du végétal » de Roquette est aussi le très influent président de l’association Chimie du Végétal, créée en 2008 et permettant aux principaux chimistes et agro-industriels de parler d’une seule voix en Europe.
« Nous travaillons à la mise en place de cette nouvelle plateforme qui sera une sorte d’arbre produits développé à partir de l’isosorbide », ajoute-t-il avant de poursuivre : « On pourra produire des plastifiants, du PVC souple en substitution aux phtalates, des plastiques destinés à la fabrication de CD…. ».
Rien que pour la substitution des phtalates, on évalue dès à présent le marché européen annuel à un million de tonnes. Roquette pourra également produire de nouveaux polycarbonates, notamment en substitution au BisphenolA, aujourd’hui tant décrié.
Ces avancées décisives résultent du programme BioHub lancé en 2006, visant à substituer les molécules issues de la pétrochimie par celles issues de la chimie du végétal. Il a mobilisé depuis un investissement de 90 millions d’euros.

Le Crepib en construction
Entre pétroliers et industriels de la chimie du végétal, la course contre la montre est donc engagée. Depuis sa création, Roquette a multiplié les collaborations et ses implications dans les différents pôles de compétitivité. Le groupe de Lestrem vient également d’annoncer sa participation au nouvel Institut français des matériaux agrosourcés (IFMAS) qui pourrait bénéficier de la manne du grand emprunt en Nord-Pas-de-Calais. « Ce tout nouveau laboratoire constituera l’un des pôles français des matériaux biosourcés reconnus sur le plan international », explique Olivier Varlet, directeur général du pôle de compétitivité Maud.
Parmi les différentes équipes de recherche qui constituent l’IFMAS, figurent celles du groupe Roquette travaillant au projet Demoplant, celle de l’institut Chevreul (institut des molécules et de la matière condensée de Villeneuve-d’Ascq) ainsi que les équipes du CNRS, de l’Inra, du laboratoire des polymères de l’École des mines de Douai et de l’École nationale de chimie de Lille.
Les différentes innovations pourront être testées par le tout nouveau Centre de recherche et d'essai de matériaux plastiques innovants biosourcés (Crepib) qui doit se construire en plein coeur du pôle d’excellence plasturgique de l’Artois. Ses locaux doivent être implantés sur 2 500 m2 à Bruay-La-Buissière, non loin du Critt M2A dédié aux tests moteurs et acoustiques, et devrait ouvrir courant 2011. L’investissement prévu s’élève à 15 millions d’euros (50 % Feder, 30 % Région et 20 % communauté d’agglomération).
Mais Roquette travaille également en relation avec l’entreprise de chimie biologique Metabolic Explorer de Clermond-Ferrand, que ce soit au développement de nouvelles souches permettant la production préférentielle de méthionine, ou sur le programme acide glycolique biosourcé dans le cadre du programme BioHub.
En outre, Roquette devrait être prêt à produire de l’acide succinique à l’échelle industrielle d’ici deux à trois ans. Cette recherche résulte d’un accord de coentreprise signé avec le Hollandais DSM Foods implanté à Delft (Hollande) pour la mise en place de cette filière biosourcée. Il mobilise une dizaine de chercheurs et vise notamment à produire des films plastiques biodégradables.
Dans ce domaine, le groupe est en concurrence directe avec Bioamber, une société commune développée entre l’Américain DNP Green Technology et la société ARD de Bazancourt (51) qui a démarré en janvier dernier la première unité commerciale d’acide succinique d’origine végétale (2 000 tonnes par an).
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