PdT : vers un redressement de la production de primeurs ?
Après plusieurs années de baisse des surfaces consacrées à sa culture, la pomme de terre primeur française devrait connaître, cette campagne, leur stabilisation. D’après les organisations professionnelles compétentes (comité économique, CNIPT), on devrait retrouver, au vu des ensemencements déjà réalisés et attendus, des superficies proches de celles de l’an dernier qui, avec 7 700 hectares accusaient encore un retard de près de 8 % sur 2005, confirmant une régression régulière, menaçante pour l’avenir de cette production. Mais différents facteurs ont joué en 2006 en faveur d’un redressement de la situation, le premier d’entre eux étant une amélioration sensible du marché et des prix, en hausse de 25 à 30 % sur ceux, médiocres, de 2005. Cette amélioration de la reprise des cours est, elle-même, à mettre au compte d’un meilleur équilibre du marché, les stocks de fin de campagne en pommes de terre de conservation n’ayant pas été importants au point de peser sur le démarrage, d’ailleurs tardif, de la campagne de primeurs sur le marché intérieur.
Évolution favorable pour les échanges extérieurs
Les échanges extérieurs ont, eux aussi, évolué favorablement. Les exportations de primeurs ont bien progressé par rapport à 2005, avec près de 55 000 tonnes alors que les importations confirmaient une régression de l’origine Maroc, amorcée en 2004 ; le principal fournisseur (et qui entend bien le rester) a été Israël avec 57 500 tonnes sur les 86 500 importées. Cependant, une enquête de notre confrère « Potato Markets » fin 2006 a révélé que les disponibilités israéliennes pourraient atteindre cette année 300 000 tonnes contre 200 000 l’an dernier, avec comme objectif le développement de ses débouchés vers l’Europe de l’Ouest. C’est la même motivation qui explique le développement des cultures en Tunisie et au Maroc.
Concurrence méditerranéenne
La concurrence méditerranéenne pourrait donc se renforcer sinon sur notre propre marché, du moins auprès de nos clients du nord de l’UE. Cependant, le gros élément d’équilibre du marché de la primeur reste le volume de stocks de vieilles pommes de terre encore disponibles pendant la campagne de primeurs. Si l’on considère la modicité de la récolte 2006 et les très gros chiffres d’exportation et malgré l’érosion continue de la consommation, on peut estimer que les derniers mois de la campagne de pomme de terre de conservation ne connaîtront pas de réserves excessives. Pronostic prudent néanmoins, car les prix élevés de cette campagne ont pu inciter une spéculation traduite par une rétention d’offres qui se retrouveraient alors sur le marché en fin de saison ; la mauvaise surprise de 1999 n’est pas encore oubliée.
Un optimisme raisonnable se justifie à l’approche des premières mise en marché conséquentes, à partir de début mai, d’autant que le CNIPT, l’interprofession pomme de terre qu’a rejoint la filière primeur depuis l’an dernier a entamé depuis fin mars sa campagne de communication afin de sensibiliser, d’ores et déjà le consommateur. Si la saison commerciale 2007 prenait la même tournure qu’en 2006, le coup d’arrêt à la baisse des surfaces pourrait alors se transformer en redressement.