Pâtisseries Gourmandes vise la première place en GMS
Après plusieurs rachats, une phase de digestion et une restructuration industrielle ayant permis de trouver la stabilité, Pâtisseries Gourmandes peut enfin passer à l’offensive. La filiale du groupe breton Roullier a présenté jeudi son plan « Cap 2010 », qui vise à hisser les ventes à 140 millions d’euros d’ici cette échéance, contre 93 millions d’euros en 2007.
Les actions prévues comportent notamment le repositionnement des deux marques-phares que sont Ker Cadelac et Le Guillou, dont le poids devrait doubler en trois ans (elles représentent aujourd’hui environ a moitié des ventes, à parité avec les MDD). « Le rayon de la pâtisserie industrielle est morcelé, avec beaucoup de petites marques. Dans l’esprit du consommateur, c’est plutôt confus » constate Mickaël Le Jossec, président de Pâtisseries Gourmandes. On compte ainsi 113 intervenants dans le secteur des madeleines en France et à l’intérieur même de Pâtisseries Gourmandes, les gammes étaient segmentées en fonction des marchés, ajoutant à la confusion. Mais dorénavant, un nouveau logo et des emballages unifiés (à dominante rouge) font leur apparition, tandis que Le Guillou va devenir une marque régionale bretonne et Ker Cadelac une marque nationale et internationale, tous circuits confondus. Cette présence renforcée doit permettre d’améliorer la notoriété de ces marques, qui vont en plus bénéficier de deux vagues de communication en 2008 via de l’affichage. C’est une première pour Pâtisseries Gourmandes, entreprise plutôt discrète jusqu’ici. Actrice majeure des spécialités bretonnes et du quatre-quarts (derrière les MDD qui s’arrogent plus de 50 % du marché), la filiale de Roullier s’était « un peu endormie sur ses lauriers » estime son président, qui entend accélérer le développement, d’autant que des investissements sont à financer.
Les voyants sont repassés au vert
Pour suivre la cadence industrielle nécessaire à un doublement de production des marques, le groupe entend débourser 11 millions d’euros sur 3 ans, et vise la place de n°1 de la pâtisserie industrielle en 2010, alors que le secteur est toujours engagé dans une phase de concentration. Le démarrage de CAP 2010 est plutôt encourageant, puisqu’à fin mars, les ventes dépassent déjà le plan de marche établi. Cette situation contraste avec la difficile période 2004-2007 traversée par Pâtisseries Gourmandes, mais les voyants sont repassés au vert. « Aujourd’hui, après des difficultés, nous gagnons de l’argent, avec une rentabilité à un chiffre. Nous sommes devenus une entreprise structurée pour le développement, ce n’était pas le cas auparavant » explique Mickaël Le Jossec, qui peut bénéficier de conditions favorables.
Outre un marché de la pâtisserie dynamique en GMS (700 millions d’euros en 2007, en hausse de 3,5 %), le segment de la distribution automatique fonctionne à plein (débouchés en hausse de 20 % l’an dernier) et le courant d’affaires avec l’Espagne est prometteur. Si Pâtisseries Gourmandes atteint « une taille critique » de l’autre côté des Pyrénées, une installation sur place pourrait suivre.