Où est le juste prix du légume ?
Le problème du prix des légumes vendus aux consommateurs est un vrai handicap pour les producteurs. Les « échos médiatiques sur la prétendue cherté des fruits et légumes », toujours pris en exemple pour illustrer l’augmentation du coût de la vie, nuisent à leur commercialisation, malgré les messages répétés du PANS, incitant à en manger cinq par jour. « Comment peut-on dire que les fruits et légumes sont chers ? Connaissez-vous beaucoup de produits qui permettent de faire un repas à 2 ou 3 euros le kilo, demandait Angélique Delahaye, présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes, lors de son 52 e congrès, la semaine dernière, à Montauban (Tarn-et-Garonne). Nous devons travailler sans relâche à ramener la perception des consommateurs à des considérations plus objectives, et ce, en renforçant notre communication. »
« Le producteur a une idée du prix verticale, qui va du semencier au consommateur, et il considère que le prix final n’a rien d’excessif, compte tenu du travail qu’il a fourni, explique Egizio Valceschini, responsable des affaires européennes à l’INRA. Le consommateur calcule selon une structure horizontale, englobant le prix du légume dans les dépenses du ménage, ce qui lui fait dire au final, que celui-ci est cher. Mais les producteurs doivent considérer comme une chance que le consommateur s’intéresse au prix des fruits et légumes et qu’il regrette de ne pas y avoir accès. Cela signifie qu’il les aime et que le besoin existe. Le pire serait qu’il les ignore. »
Il faut « redonner envie »
La fédération (qui s’est rebaptisée Producteurs de Légumes de France) a ainsi conscience qu’elle doit « redonner envie » aux consommateurs de manger des fruits et légumes et compte sur les actions de proximité, marchés fermiers et autre Fraîch’Attitude, pour renouer le contact. « Il est, en effet, plus efficace d’organiser des opérations locales que de grandes campagnes de communication, souligne Patricia Gurvez, maître de conférence marketing et comportement des consommateurs à AgroParisTech. Mais il est aussi important de travailler sur les freins psychologiques, sociologiques et culturels liés au sujet. De grandes études européennes ont montré que les légumes sont porteurs d’une connotation féminine (alors que manger de la viande est plus masculin) et qu’ils passent pour ne pas beaucoup rassasier. Dans l’esprit des gens, la calorie du légume est beaucoup plus chère que celle de la matière grasse. »