OGM : le débat rouvert à l'Assemblée
Les députés rouvrent aujourd'hui, jusqu'au 3 avril, un débat qui promet d'être houleux sur les conditions de culture des OGM. En début d'année, les sénateurs avaient adopté une version remaniée du projet de loi, qui garantirait en l'état le « droit de produire avec ou sans OGM ». Des manifestations d'opposants ont eulieu dans plusieurs villes samedi, rassemblant au total plus de 25 000 personnes, selon la Confédération paysanne. La commission des Affaires économiques de l'Assemblée vient d'approuver le projet de loi avec les seules voix de la majorité (UMP et Nouveau Centre), PS, PCF et Verts votant contre le texte. « Le Sénat a soulevé un certain nombre de points, ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui ils sont cristallisés », assure la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui veut croire qu'un certain nombre de sujets «restent ouverts». Elle cite la composition de la Haute autorité, transformée par le Sénat en « Haut conseil des biotechnologies ». Au-delà de la sémantique, il s'agit de décider s'il faut confier la gestion des OGM aux scientifiques, comme c'était jusqu'à présent le cas, ou donner une plus large place à la société civile. La FNSEA a fait savoir qu'elle était prête à accepter une présence accidentelle de 0,9% d'OGM dans ses cultures, jugée inacceptable pour les producteurs de bio. De son côté, le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), appelle de ses voeux un «débat équilibré», en regrettant «un amalgame entre des intérêts privés, qui sont probablement critiquables, et les OGM en général, qui sont vitaux pour l'avenir de notre agriculture, de notre agronomie, de la recherche, des nouveaux médicaments, bref des domaines où la France doit être présente».