Aller au contenu principal

Nitrates: Barnier prêt à la discussion

Le contentieux «nitrates» entre la France et l’Europe était au centre, vendredi 20 juillet, d’une visite de Michel Barnier en Bretagne. Il souhaitait rappeler aux responsables agricoles la nécessité, pour les 2000 agriculteurs des neuf bassins versants (BV) en dépassement du plafond admis de 50 milligrammes de nitrates par litre d’eau, de s’engager dans le plan d’actions de réduction azotée proposé en février par la France. C’est, à ses yeux, «une petite possibilité (pour) que la Commission ne transmette pas les actes juridiques (à la cour de justice européenne NDLR). Elle a pris la décision, mais elle nous a donné quelques semaines pour faire la preuve de la bonne volonté et de l’engagement de la France auquel elle ne croyait plus», a-t-il dit.

Depuis 1992, la Commission est saisie d’une plainte d’Eaux et Rivières de Bretagne en raison du non respect par la France de la directive nitrates de 1975. L’agriculture bretonne a depuis réalisé de gros efforts en s’engageant dans les programmes de maîtrise de pollutions d’origine agricole. Et de 37 BV au départ, il n’en reste plus que 9 en dépassement.

Marge de manoeuvre

Mais ces 9 bassins là pourraient coûter cher à la France. En dépit du plan annoncé en février, la Commission a réitéré en mars ses menaces de saisir de nouveau la cour de justice, avec à la clé une amende de 28 M€ et des astreintes journalières de 118 000 €. Michel Barnier a reconnu avoir «le dos au mur». Les agriculteurs disent la même chose. Réduire la fertilisation à 140 kilos par hectare et par an contre 210 aujourd’hui (170 en organique et 40 en minéral) aura de lourdes conséquences sur l’agriculture. Les nouveaux excédents d’azote devront être détruits dans des stations de traitement, ou le cheptel réduit. Des observateurs estiment que la production pourrait baisser de 20 à 30%. Le ministre a cependant fait part d’une marge de manœuvre. Il a nommé un expert chargé d’examiner la situation des BV et de leurs exploitations afin de trouver «toutes les flexibilités, toutes les adaptations». Le temps presse. Le plan d’actions modifié sera présenté à Bruxelles début septembre.

Les plus lus

Drapeau de l'Ukraine
Poulet : l’Ukraine renforce ses accords et compte intensifier ses exportations en 2026

Les exportations de poulet ukrainien devraient progresser en 2026 vers l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui pourrait bien…

rayon boucherie en magasin
La flambée des prix du bœuf a plombé la consommation en 2025, porc et poulet en profitent

Les prix d’achat des ménages de la viande bovine ont affiché une croissance à deux chiffres en 2025, ce qui s’est traduit par…

drapeau turc qui flotte au vent
Volaille : la Turquie suspend ses exportations pour le Ramadan

Les exportations de volailles turques sont suspendues depuis le 9 février. Cette mesure prise par l’État turc, vise à contenir…

Le poulet vendu en boucherie
Volailles : le poulet et les produits élaborés tirent toujours la consommation

La consommation de poulet continue de progresser en France, portée par la restauration hors domicile, alors qu’elle stagne en…

zone de contention en abattoir
Quels sont les abattoirs de boucherie récemment en difficulté, en infographie

La France a perdu un abattoir sur 5 depuis 2010. En s’appuyant sur la presse locale, Les Marchés a tenté de dresser une carte…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio