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Nestlé : «On a pris en compte le souhait des allergiques»

Nicole Monget, directrice des affaires réglementaires et scientifiques de Nestlé France, expose la politique menée par le groupe en matière  d’allergies alimentaires, depuis 1996. La nouvelle directive étiquetage (2000/13/CE) ne devrait pas changer grand chose pour le géant suisse.

 

LM : Comment Nestlé appréhende le changement de règle en matière d’étiquetage des allergènes, êtes-vous prêt ?

Nicole Monget : A ce jour, pour les ingrédients délibérément mis en œuvre dans le produit, nous sommes à jour, nous attendons juste la liste d’exemption des ingrédients composés La Commission devrait publier la liste d’ici la fin du mois. Dès 1996, Nestlé a élaboré des règles internes pour maîtriser et contrôler les allergènes et appliqué une politique d’information volontaire, avant même la nouvelle directive étiquetage. A partir de cette date, nous avons réalisé un étiquetage précis des allergènes majeurs au sein de la liste d’ingrédients.

Par exemple, pour la lécithine, quand c’est le cas, nous écrivons lécithine de soja. On indique aussi la présence d’allergène majeur dans un additif. Pour les arômes, nous avons fait un gros travail avec nos fournisseurs pour savoir s’ils utilisaient des allergènes dans leurs supports. Quand c’est possible nous avons essayé d’éliminer l’allergène, sinon, nous indiquons sa présence sur l’emballage.

LM : La question des allergies alimentaires a émergé en 1996. Comment est-elle prise en compte aujourd’hui au niveau de la conception des produits ?

N.M. : En 1996, la préoccupation émergeait au niveau du milieu médical. De plus notre service consommateur était de plus en plus questionné par des consommateurs allergiques. Ce faisceau d’informations nous a conduit à réfléchir avec le centre de R&D de Nestlé. La gestion des allergènes commence dès le stade de conception des produits. L’ensemble de nos produits est destiné à l’ensemble des consommateurs, mais quand on peut éviter d’introduire un nouvel allergène dans une usine, on le fait.

Dans la chocolaterie et la confiserie, c’est très difficile de remplacer la lécithine de soja, mais dans les produits culinaires nous avons pu le faire avec de la lécithine de tournesol, par exemple. Dans les produits culinaires déshydratés, nous avons également supprimé l’huile d’arachide. En revanche, pour les biscuits, il est quasiment impossible de remplacer l’œuf. Pour les produits pour enfants, nous appliquons les recommandations émises par le syndicat des produits de l’enfance Pour les produits destinés aux nourrissons de 4 mois, il est par exemple recommandé de ne pas utiliser l’arachide, l’œuf, la viande, le poisson, le kiwi..... Pour ce qui est de créer des gammes dédiées aux allergiques, c’est extrêmement délicat. Pour garantir le sans allergène, il faut des ateliers totalement dédiés, des contrats avec les fournisseurs, des assurances énormes...

LM : Les allergiques pestent contre la multiplication de la mention «traces de...». Quelle est l’attitude de Nestlé sur la présence fortuite d’allergènes ?

N.M. : On a recours à ces mentions, mais on a pris en compte le souhait des allergiques, on pense que l’étiquetage systématique est une solution de facilité. Avec une procédure de type HACCP, nous déterminons le degré de risque de présence d’un allergène, on développe aussi des bonnes pratiques de fabrication (nettoyage, vérification du nettoyage...). L’étiquetage vient en fin de liste quand on ne peut pas faire autrement.

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