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McDonald's parie sur la pomme française


> Pierre Méliet, directeur général de Florette food services.
Soucieux de relocaliser ses approvisionnements en France, McDonald's ajoute la pomme aux filières 100 % françaises, après la tomate en 2013.

Pour composer ses sachets de fruits à croquer, l'enseigne de restauration rapide avait jusqu'à présent recours à des approvisionnements français mais aussi étrangers. Elle souhaitait depuis plusieurs années pouvoir relocaliser ses approvisionnements en France. « C'est une volonté forte de l'entreprise que de travailler le plus possible en approvisionnement local avec nos filières, comme nous l'avons déjà réalisé avec la tomate l'an passé », explique Carole Augé, manager achats, qualité et logistique de McDonald's France. Cette volonté s'incarne notamment dans la gamme des fruits à croquer qui a vu le retrait des grains de raisins, un des produits pourtant intégrés à l'ouverture de la gamme. « Nous avons pris cette décision, car il nous fallait des grains sans pépin, pour que les enfants puissent en manger sans souci. Comme nous étions obligés de nous approvisionner en Espagne, faute de disponibilité suffisante en France, nous avons préféré le retirer de la gamme. »

DISCRÉTION AUTOUR DES VARIÉTÉS

Pierre Méliet reste discret sur la solution variétale mise en œuvre pour couvrir la soudure. « Ce serait trop facile de donner à nos concurrents en quelques lignes la solution que nous avons mis plusieurs années à élaborer », sourit-il. « Mais nous sommes parvenus à trouver des variétés, dans ce qui existe, pour garantir des produits très proches en texture, goût et jutosité des variétés que nous utilisons les autres années ». Les pommes destinées à ce contrat seront produites en Languedoc-Roussillon avec Cofruidoc, mais également dans la vallée du Rhône, dans le Sud-Ouest et dans le Val de Loire, pour minimiser les risques d'aléas climatiques. Les prévisions font état d'un besoin de 2 000 tonnes à terme contre 1 000 tonnes de pommes « origine France » utilisées aujourd'hui (sur 1 300).

Quatre années de réflexion et d'expérimentation

Pour les pommes, l'équation était moins complexe à résoudre, mais elle a nécessité quatre années de réflexion, d'expérimentation et de validation. Et c'est Florette food services (ex-Crudi), le principal fournisseur de fruits et d'ultra-frais de l'enseigne de restauration, qui s'est attelé à la tâche avec son partenaire Cofruidoc. « Sur les pommes, nous travaillions déjà majoritairement avec de l'origine France, mais il nous fallait trouver un moyen de nous affranchir de la période de soudure, entre le mois d'avril et les premières récoltes en août », détaille Pierre Méliet, le directeur général de Florette food services. Pour passer la soudure entre deux saisons, l'entreprise des Pyrénées-Orientales avait recours aux pommes de l'hémisphère Sud. « Ces approvisionnements étaient réellement contraints parce que nous n'avions pas à disposition en France la production nécessaire. » Il a donc fallu convaincre les producteurs français de s'engager.

Contrats à moyen terme

« C'est une des forces de notre entreprise, elle est connue pour cela : pouvoir s'engager sur des contrats de moyen terme, même s'il n'est pas facile de convaincre dans un secteur jusqu'ici plus habitué à travailler opportunément au marché. »

Pour McDonald's, l'enjeu est important. « Il y a plus de dix ans que nous avons lancé cette gamme de fruits à croquer, et nous nous demandions comment nous pourrions valoriser les vergers français et travailler avec des approvisionnements locaux pour continuer à faire découvrir les fruits de saison à nos clients : l'ananas, la pomme et une petite poire en septembre prochain », ajoute Carole Augé. L'opération menée chaque premier mercredi du mois – consistant à offrir un sachet de 80 grammes de fruits à croquer – a conduit à la distribution de 20 millions le nombre de sachets distribués dans l'enseigne l'an passé. « Selon notre panel, cela représente peu ou prou la moitié des fruits consommés en RHD en France chaque année », assure Carole Augé.

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