Mareyage : la justice saisie d’une vaste escroquerie
Une instruction est en cours au tribunal de Nanterre sur une escroquerie d'envergure au détriment de plus de 100 mareyeurs, installés pour la plupart dans l'Ouest de la France, et dont un petit nombre a dû déposer le bilan, a-t-on appris vendredi. Depuis l'ouverture de l'information judiciaire, confiée à la juge Patricia Simon en juillet 2007, sept personnes, soupçonnées d'avoir organisé ou participé de près aux faits, ont été mises en examen pour « escroquerie » et « banqueroute par défaut de comptabilité ou comptabilité irrégulière », a indiqué une de ces sources.
Parmi ces personnes, un homme de 48 ans est écroué dans ce dossier, tandis qu'un autre, âgé de 56 ans, purge une peine dans une autre affaire. Les deux hommes exerçaient en région parisienne. L'escroquerie, une carambouille classique, aurait consisté à créer des sociétés d'achat en gros et de distribution, puis, dans un premier temps, d'« appâter » et de mettre en confiance les mareyeurs en passant des commandes de poisson payées en toute régularité. Quelques mois plus tard, les acheteurs seraient revenus à la charge, avec des commandes plus importantes, mais ils auraient profité du délai légal de paiement (30 jours) pour revendre la marchandise à des prix très intéressants pour leurs clients et disparaître sans laisser de traces.
Quinze poissonniers de la région parisienne et leurs sociétés ont d'ailleurs été mis en examen, pour « recel aggravé », car le délit aurait été facilité par l'exercice de leur activité professionnelle. Ils sont soupçonnés d'avoir été complices des escroqueries, qu'ils ne pouvaient ignorer vu le prix auquel ils obtenaient la marchandise, ont expliqué les sources proches du dossier.
L'opération se serait renouvelée à plusieurs reprises entre 2005 et 2007. Pas moins de 120 parties civiles se sont constituées dans ce dossier et le préjudice s'élèverait pour l'instant à 3,2 millions d'euros. L'instruction devrait être clôturée courant 2009.