Lobby, quel lobby ?
Ils ont presque tous répondu à l’appel. Seuls Marie-Georges et José se sont excusés et François s’est fait représenter. Mais Ségolène, Nicolas, Jean-Marie, Philippe n’auraient manqué cette tribune pour rien au monde. Ils ont tous défilé mardi dernier au forum organisé par la Fédération nationale de la chasse pour dire à quel point ils aimaient les loisirs cynégétiques, les chasseurs, et accessoirement leurs bulletins de vote. Pour un peu, si on le leur avait demandé, ils auraient enfilé le gilet, la cartouchière et le fuseau. Ségolène s’est souvenue avec émotion : « je suis fille de chasseurs. J’ai vu mon père parcourir la campagne. » Le neuilléen Nicolas ne s’est souvenu de rien mais a su trouver les mots pour flatter les indispensables « vigies de la grippe aviaire ». A les voir surenchérir dans la sympathie, une drôle d’idée nous a traversé l’esprit. Le soi-disant « lobby agricole » et la « puissante FNSEA » dont on nous rebat les oreilles à longueur d’année ont-ils obtenu des attentions aussi touchantes et des mots aussi délicats de la part des candidats ? S’en est-il trouvé un pour dire que l’agriculture est « une activité économique protectrice de l’environnement» comme ils ont tous affirmé sans rire que la chasse était « une activité de loisir protectrice de l’environnement» ? Oui, je sais, ils le diront et la main sur le cœur en prime, pas plus tard que la semaine prochaine au SIA. Mais à tout prendre, on aimerait mieux que l’un ou l’autre assume enfin sa vision du monde comme Dominique Voynet l’a fait courageusement à la tribune des mêmes chasseurs, en s’exposant aux sifflets. Quitte à perdre des voix de paysans, on aimerait que nos candidats ne se sentent pas obligés de dire qu’ils les aiment.