Aller au contenu principal

LMAP : le rôle et les missions des interprofessions agricoles reconsidérés

Le projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche, en son article 7, propose des modifications substantielles aux dispositions du code rural relatives aux organisations interprofessionnelles agricoles, dont la nouveauté majeure est l’accent mis sur leur rôle en matière de contractualisation.
Il s’attache tout d’abord à restaurer une certaine cohérence, disparue au fil des modifications successives, entre l’objet de ces organisations et les domaines dans lesquels les accords interprofessionnels pris en leur sein peuvent faire l’objet d’une extension par voie d’arrêté interministériel. Certaines actions seraient supprimées, du moins sous leur formulation actuelle, telles la veille anticipative des marchés, la participation aux actions internationales de développement, la mise en œuvre de règles de mise en marché, de prix et de conditions de paiement, l’information relative aux filières et la lutte contre les organismes nuisibles. En revanche, l’accent serait mis sur les actions de promotion, le développement des démarches contractuelles au sein des filières, la sécurité sanitaire des aliments, la prévention des aléas et risques sanitaires, phytosanitaires et environnementaux, ou la mise en œuvre de normes techniques et de contrôle.

Des guides de bonnes pratiques contractuelles
Les dispositions de l’actuel article L.632-2, relatives à la procédure de conciliation et d’arbitrage, sont étendues aux litiges entre familles relatifs aux contrats-types et aux guides de bonnes pratiques contractuelles.
Seraient supprimées la contribution des organisations interprofessionnelles à la mise en œuvre de politiques économiques nationales et communautaires ainsi que leur bénéfice prioritaire dans l’attribution des aides publiques.
Un nouvel article L.632-2-1 ajouterait parmi les compétences des organisations interprofessionnelles, en matière de relations contractuelles, l’instauration de guides de bonnes pratiques contractuelles qui font donc leur entrée dans le vocabulaire interprofessionnel ; surtout, un nouvel alinéa permettrait aux organisations interprofessionnelles d’« élaborer et diffuser des indices de tendance des marchés concernés, ainsi que tout élément de nature à éclairer la situation de la filière, sous réserve de ne pas procéder ou faciliter par ce moyen, de manière directe ou indirecte, à la fixation d’un prix, y compris à titre indicatif ou de recommandation ». Formulation fort différente de ce qui a été instauré pour l’interprofession laitière et qui conduit à interdire toute référence à ces indices dans le cadre contractuel, et donc à leur faire perdre l’essentiel de leur intérêt.
Serait également modifié le régime des accords ne concernant qu’une partie des familles de l’interprofession, que l’actuelle rédaction dispense de l’unanimité si aucune famille ne s’y oppose : il conviendrait dorénavant que cette faculté, jusqu’à présent légale, soit prévue pour des catégories d’activités dont la liste devrait figurer dans les statuts ou le règlement intérieur.
Par ailleurs, tout accord comportant des clauses-types devrait être soumis, avant extension, à l’Autorité de la concurrence, qui disposerait de deux mois pour se prononcer, faute de quoi l’administration de tutelle pourrait décider de l’extension.
Enfin, les professions représentées au sein des interprofessions créées avant 1975 pourraient constituer un nouveau groupement susceptible d’être reconnu comme organisation interprofessionnelle de droit commun : c’était déjà possible sans texte, mais ce serait dorénavant expressément envisagé, sans que l’on sache si l’administration pourra alors décider de supprimer purement et simplement les anciennes interprofessions dont les filières auraient fait ce choix.
Rédaction Réussir

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

viande en usine
Viande bovine : les marges brutes de l’abattage découpe ont fondu en 2025

Les données de l’Observatoire des prix et des marges indiquent un niveau de marge brute historiquement bas pour l’abattage-…

moutons sur une passerelle de navire
14 millions d’ovins exportés dans le monde : d’où viennent-ils, où arrivent-ils ?

Les exportations d’ovins vivants sont toutes dirigées vers des pays de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen Orient. Le…

vaches dans un pré
Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore

Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

Hausse des prix des céréales, entre tensions internationales et conditions de culture difficiles

Les prix du blé tendre, des orges et du maïs ont fortement progressé sur le marché physique français entre le 13 et le 20…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio