L’export de bovins en situation de faiblesse
De vifs débats ont eu lieu vendredi entre l'administration et les commerçants en bestiaux. Ces derniers avaient convié à leur assemblée générale la directrice adjointe de la DGAL Monique Eloit. Accusée d'intransigeance sur les restrictions liées à la fièvre catarrhale, elle a mis en avant sa position de faiblesse vis-à-vis des partenaires européens. « La France est mise sur la sellette par bon nombre d'Etats membres, a signalé Monique Eloit. Ils nous reprochent d'exporter nos maladies. L'apparition de la FCO en Hongrie est considérée comme étant de notre faute. » Cette image écornée sur le plan sanitaire ne facilite pas les négociations bilatérales en matière d'échanges d'animaux vifs. Un indicateur témoigne des difficultés du commerce. Les exportations de bovins français ont chuté de 17 % depuis début 2008 (après une baisse de 11 % en 2007), selon les chiffres livrés par Jérôme-André Gauthier, conseiller technique du ministre de l'Agriculture.
Retour de bâton
« On est un pays vendeur, qui n'a rien à mettre de l'autre côté de la balance, a poursuivi Monique Eloit. Pendant des années, la France était bien contente de fermer ses frontières aux pays touchés par la FCO. L'Espagne et l'Italie rendent aujourd'hui la monnaie de la pièce. » Une inversion des rôles aussi valable avec le Royaume-Uni. Pointé du doigt pour avoir répandu la vache folle et la fièvre aphteuse, Londres expose régulièrement ses griefs contre Paris sur la FCO. Une inspection des vétérinaires européens, fin novembre dans l'Hexagone, a mis en lumière les insuffisances du réseau national de surveillance de la maladie, indispensable pour garantir le statut de zone « indemne vaccinée ».
Autre point important dans la perspective d'un allègement des contraintes de mouvements d'animaux, la déclaration d'inactivité vectorielle. Si les Pays-Bas et l'Italie du Nord bénéficient d'un repos hivernal du moucheron transportant le virus, rien ne garantit que la France soit bientôt dans le même cas. « Il est possible que cet hiver, on ne soit pas en mesure d'annoncer l'inactivité vectorielle », a prévenu Jérôme-André Gauthier.
Note positive, les commerçants en bestiaux ont appris qu’une « compensation partielle de leurs pertes sur 2008 » était à l’étude au ministère. L’objectif est de soutenir les opérateurs les plus touchés par la crise de la FCO, en se fondant principalement sur les exportations. Jérôme-André Gauthier n’a pas exclu d’« étudier d’autres critères » de calcul et a notamment évoqué les ventes de petits veaux. Le montant de l’aide devrait être fixé fin février. Dans son discours de clôture, le président de la FFCB Gérard Poyer a rappelé que, du fait de la FCO, « les entreprises ont été de nouveau dramatiquement pénalisées avec une baisse constatée pour les exportateurs d’environ 30 % » de leur activité début 2008.