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Les vins français n’hésitent plus à transgresser les traditions

Les nouveautés présentées sur le salon Vinisud reflétaient clairement la volonté de certains producteurs et négociants à s’adapter au goût supposé du consommateur. Une orientation qui n’est pas sans risque.

La crise qui frappe le secteur viticole français n’a pas émoussé, bien au contraire, l’effort d’innovation des producteurs et des négociants pour séduire de nouveaux consommateurs et conquérir les marchés émergents. Un constat que révèle la septième édition de Vinisud, le salon des vins et spiritueux méditerranéens, qui s’est terminé mercredi dernier à Montpellier, au cours duquel ont été présentés des nouveaux produits bousculant parfois allégrement les traditions françaises et le système des appellations.

En vedette du salon car annoncé depuis plusieurs semaines, les régions Languedoc et Roussillon ont annoncé la signature d’une convention interprofessionnelle de partenariat, qui permettra de commercialiser les vins issus de ces deux régions sous une bannière commune « Sud de France » et de mutualiser les coûts de marketing-communication tout en s’appuyant sur la notion de territoire plutôt que sur les seuls noms de terroirs qui ne sont pas toujours identifiables par les acheteurs étrangers.

Autre initiative de grande ampleur, le lancement d’une nouvelle marque en Roussillon : le Fruité Catalan. Née du mariage de trois entités jusque-là distinctes : la cave de Baixas, les vignobles du Rivesaltais et les Vignerons Catalans, cette marque est clairement destinée au recrutement de nouveaux consommateurs parmi les jeunes et particulièrement le public féminin. Déclinés en rouge, rosé et blanc, ces vins possèdent apparemment tous les atouts pour s’adapter à une nouvelle demande et la séduire. La marque est reconnaissable à son code couleur, au design épuré des bouteilles et à son logo, un papillon multicolore.

Étonnant Fluide glacial, surprenant Toto Vino

Mais le salon a également permis de découvrir des nouveautés encore moins conventionnelles, presque sacrilèges. Citons le conditionnement en briques, sur le modèle du jus de fruit, qui permet des économies importantes de coûts de transport et de conservation. Les négociants qui ont parié sur ce packaging, comme les sociétés Trille et Boisset, s’en félicitent d’ores et déjà, au point qu’ils rechignent à livrer les taux de progression de leurs ventes. Notons encore le « Fluide Glacial », un rosé de belle tenue à boire givré. Avec son faible degré d’alcool (9,5°) et son étiquette humoristique inspirée de la bande dessinée éponyme, ce vin cible les attentes des nouveaux consommateurs : plus de gourmandise, moins d’ivresse. Dans le même esprit, les visiteurs ont pu goûter le Toto Vino, un rouge à l’eau finement gazéifié titrant 4,6° dont la vocation est de séduire les buveurs de bière dans les apéritifs et les soirées du samedi soir. Le but de la manœuvre étant de susciter une consommation festive dépassant le cadre classique du repas entre amis. Comme le fit remarquer (anonymement) un négociant : « L’enjeu, c’est de survivre. Alors tous les moyens sont bons ! » C’est dire l’ampleur de la crise.

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