Aller au contenu principal

Les tripiers veulent moderniser leur gamme de produits

La profession souhaite réagir à l’érosion régulière des ventes d’abats. Elle prend conscience du manque d’élaboration de ses produits.

« Consommation, où es tu ?» La question lancée mardi au congrès des tripiers par leur coprésident Léon-Gérard Heusèle traduit la volonté de la profession de mieux s’adapter à la demande. « Nos spécialités restent très traditionnelles, alors que les consommateurs réclament des produits faciles et rapides. Il faut une élaboration plus poussée », déclare-t-il, citant l’exemple d’une gamme précuite lancée par le négociant de Rungis Gérard Cathelin. 

Autre problème évoqué, l’évolution des comportements d’une génération à l’autre. « Avant, les abats faisaient partie des habitudes alimentaires, poursuit-il. Les 15 à 25 ans n’ont pas la même culture. Si bien qu’aujourd’hui, seules deux personnes sur trois en consomment».

Projet de relance du détail

Sur l’année 2004, les produits tripiers affichent -1,6 % en volume de consommation. Un résultat plutôt honorable, comparé à celui d’autres viandes (le veau est à - 4,9 % d’après Secodip). Mais, par rapport à 1995, ils cèdent 24 %. La fréquence d’achat a baissé de 8,77 % en 2004. Quant au prix moyen, il a bondi de 15,2 % sur la même période.

C’est là une explication supplémentaire au recul de la demande. « Le foie de veau est à des niveaux de prix astronomiques, qui le rendent inabordable en restauration», souligne Jean-Jacques Arnoult, chargé de la communication au sein de la Confédération nationale de la triperie française (CNTF). « La queue de boeuf n’est plus un produit populaire, mais un produit de luxe». Depuis quelques semaines, les prix se tassent. Le foie de veau a perdu en six mois un tiers de sa valeur sur le marché de gros. Une évolution qui pourrait s’avérer salutaire. 

La CNTF poursuit par ailleurs sa réflexion sur un guide des bonnes pratiques. L’idée est notamment  d’améliorer l’identification et la traçabilité du produit. Elle se heurte encore à des conflits d’intérêt entre les différentes familles composant la confédération, à savoir les industriels, les négociants et les détaillants. Une initiative intéressante est à signaler chez ces derniers. Le président du Syndicat de la triperie Comestibles de l’Ile-de-France (CSDT), Jean-Pierre Mouton, tente de relancer le métier sur les marchés franciliens. Il souhaite convaincre les gestionnaires du Min de Rungis d’ouvrir l’ancien pavillon de la viande à de nouveaux entrepreneurs. « Des labos de triperie d’une cinquantaine de m2 peuvent y être installés, explique-t-il. Cela représente un investissement de 57 000 euros par unité, soit bien moins que les 2 à 3 M nécessaires pour l’achat d’un pavillon. »

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio