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Les semenciers contre-attaquent sur le terrain de la biodiversité

Lorsque les variétés de maïs hybrides sont apparues en 1950 en Europe, les semenciers, regroupés au sein de l'association Pro-Maïs ont rapidement mis en place un programme de conservation génétique, permettant de sauvegarder toutes les variétés d'origine, appelées «populations» ou «variétés de pays» Les hybrides de maïs ont été inventés, au début du XXe siècle, par des chercheurs américains. Commercialisés aux Etats-Unis à partir de 1932, ils ont remplacé les populations en dix ans.. « 1 200 populations sont ainsi conservées dans une bibliothèque nationale, explique Philippe Carré, secrétaire général de Pro-Maïs. Chacune des 16 entreprises de l'association cultive, chaque année, trois à quatre populations et confie à nouveau les grains à la bibliothèque qui les conserve en chambre froide. Chaque variété doit être régénérée tous les 5 à 10 ans».

Cette année, sur le site de Syngenta de Lombez (Gers), on pouvait par exemple trouver du Jomoson (Népal), du Jaune de Bade (Alsace), du Grand Roux Basque ou de la Millette du Lauragais, mais aussi des maïs bleu, rouge, rose, à pop corn et autres curiosités étonnantes. « Certaines populations sont encore cultivées, souligne Jean Beigbeder, directeur de sélection maïs chez Syngenta. Aux Etats-Unis, le maïs bleu fait un tabac auprès de la population macro-bio, qui adore les tortillas gris-bleutés et les chips bleues».

«Les hybrides ne sont pas stériles»

Les populations ont été intensivement utilisées comme source de fabrication d'hybrides jusqu'aux années 80, puis ce sont les lignées issues de ces populations qui les ont remplacées. Aujourd'hui, 1 200 variétés hybrides F1 sont disponibles, c'est-à-dire de première génération, issue du croisement de deux lignées pures. Ils ont été créés en sélectionnant, selon les besoins, les gènes améliorant la résistance aux maladies ou au manque d'eau, la digestibilité, la précocité, la teneur en acides gras, etc. « Les hybrides ne sont pas stériles, précise Jean Beigbeder. Mais si l'on replante les grains issus de la récolte F2, la récolte F3 sera hétérogène, car les gènes se seront remélangés. Pour refaire de la F1, il faut repartir des deux parents d'origine».

Aujourd'hui, les semenciers recommencent à étudier les variétés populations, à la lumière de technologies nouvelles telles que les marqueurs moléculaires ou la génomique. Ils s'installent également dans les pays de l'Est Syngenta ouvrira, par exemple, deux stations en Hongrie (2006) et en Ukraine (2009)., où l'on manque de variétés de maïs grain, mais où les hybrides locaux sont conçus pour ne pas avoir à être irrigués. Ce qui peut aussi apporter un plus aux variétés occidentales.

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