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Les producteurs de porcs de l’Aisne mettent un pied en aval

Au Nouvion-en-Thiérache (02), Pig Aisne a repris les installations de Porcinord. Une opportunité que la Sica Porcs de l’Aisne entend bien saisir.

Le vendredi 13 avril 2007 restera comme une date emblématique pour la Sica Porcs de l’Aisne. Ce jour-là, les chaînes de l’entreprise Porcinord, implantée au Nouvion-en-Thiérache (02), se mettaient de nouveau en route après plusieurs mois d’interruption. Cet abattoir de porcs, implanté à la frontière du Nord et de l’Aisne, reprenait du service. Il passait des mains du groupe Arcadie Nord-Est (racheté par le groupe Bigard) à celles des 120 producteurs de porcs réunis dans la Sica Porcs de l’Aisne (127 000 porcs charcutiers par an). « Nous n’avions pas vocation à aller dans l’abattage, mais la reprise de Porcinord au Nouvion constituait pour nous une véritable opportunité », explique Jean-Michel Leroy, directeur du groupement Sica Porcs de l’Aisne.

Le dépôt de bilan de la société Porcinord-Laviolette, survenu le 13 octobre 2006, a entraîné en effet l’arrêt immédiat des chaînes d’abattage du Nouvion. Porcinord-Laviolette, ex-filiale du groupe Arcadie Centre-Est basé à Vitry-le-François (51), y abattait environ 12 000 à 14 000 tonnes de porcs par an. L’entreprise employait 106 salariés dans ses trois établissements de Lomme (59), Soissons (02) et Le Nouvion en Thiérache (02). Les groupements régionaux ABS Qualinord et Sica Porcs de l’Aisne approvisionnaient respectivement l’abattoir du Nouvion à hauteur de 80 % et 20 % des volumes.

Peu après le dépôt de bilan de Porcinord, les dirigeants du groupement « Sica Porcs de l’Aisne » décidèrent donc de reprendre les installations d’abattage du Nouvion en Thiérache. Au terme de la vente aux enchères organisée en février dernier, la Sica rachetait les chaînes de découpe des installations de Soissons et de Lomme, les véhicules et la chaîne d’abattage pour un montant global de 165 000 euros. La Sica reprenait en outre le solde restant dû du prêt consenti par Bâtinorest à Porcinord (350 000 euros).

Une nouvelle société, Pig Aisne

Dans le même temps, la Sica Porcs de l’Aisne fonde la nouvelle société Pig Aisne destinée à poursuivre les activités d’abattage de porcs au Nouvion. « La Sica apporte 240 000 euros totalement libéré au capital de cette nouvelle société », précise Jean-Marie Leroy, directeur-fondateur de la Sica et nouveau directeur de Pig Aisne. Le Conseil Régional de Picardie ainsi que le Conseil Général de l’Aisne consentent un prêt de 240 000 euros à taux zéro avec un différé d’un an. Pig Aisne contracte de son côté un prêt de 240 000 euros auprès des banques.

Pig Aisne abattra quelque 1 400 porcs/semaine durant les neuf premières semaines. « Un contrat passé avec les abattoirs du Valois portant sur 800 porcs/semaine nous offrait cette rampe de lancement indispensable pour le démarrage de notre activité », explique Jean-Marie Leroy.

C’était sans compter avec les difficultés des abattoirs du Valois implantés à Compiègne (60), mis en redressement judiciaire le 9 mars dernier avec une période d’observation qui devait se prolonger jusqu’en septembre 2007. Le tribunal de Compiègne a prononcé la liquidation judiciaire de l’abattoir du Valois le 14 juin dernier ce qui vient compliquer le démarrage de la nouvelle société. Aujourd’hui, Pig Aisne abat environ 1 000 porcs/semaine, alors que son seuil de rentabilité avoisine le double ! Les dirigeants de Pig Aisne ne baissent pas les bras pour autant : le paysage porcin évolue tellement vite en Nord-Picardie que toutes les opportunités sont bonnes à prendre…. Et puis, « laisser les commandes des abattages de porcs au seul groupe Alliance et à son abattoir de Saint-Pol-sur-Ternoise, est de nature à déplaire à certaines grandes enseignes de la distribution », fait-on remarquer dans la profession.

Alors, l’objectif de Jean-Marie Leroy est clair : « il nous faut atteindre très rapidement les 500 porcs/semaine pour la découpe et le millier de porcs destiné à l’abattage » ! C’est l’objectif de la nouvelle équipe du Nouvion, dirigée par Christian Kimpe, un professionnel pleinement reconnu dans le milieu, et de ses 22 salariés qui ont été repris sur l’ensemble des 36 personnes employées sur le site du Nouvion.

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