Aller au contenu principal

Les grossistes incapables d'appliquer la loi Hamon


> Marc Hervouet, prés. de la Confédération française du commerce de gros et du commerce international.
La CGI interpelle les pouvoirs publics sur le formalisme des négociations commerciales totalement inadapté au métier de grossiste. L'organisation prépare des amendements pour corriger le tir.

La loi Hamon complexifie les relations clients-fournisseurs ! La CGI a dû éditer un guide pratique pour les chefs d'entreprise », déclarait Marc Hervouet, président de la Confédération française du commerce de gros et du commerce international lors de ses vœux à la presse le 14 janvier. Selon le texte, les entreprises de négoce agroalimentaire devraient avoir conclu des conventions uniques pour le 1er mars prochain, sous peine de s'exposer à des sanctions administratives. Une révolution pour les grossistes, à 95 % des PME, habitués à exprimer leurs modalités de fixation des prix sur les factures et à entretenir des relations basées sur la parole donnée avec des fournisseurs qu'ils connaissent depuis parfois des générations. « Selon la loi Hamon, il faut contractualiser pour chaque produit pour un an à un prix fixé, puis rédiger un avenant à chaque fois que l'on veut changer le prix », déplore Marc Hervouet.

Prenant le cas de son entreprise, Courtin, grossiste en volailles à Rungis, réalisant 35 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 45 salariés et commercialisant 3 000 articles de 450 fournisseurs, il lui faudrait signer près de 1 500 contrats en amont, avec un avenant par jour, calcule-t-il. « Et à l'aval, j'ai 2 500 clients qui me prennent entre 4 à 5 articles, soit 10 000 contrats. Le tout à préparer entre octobre et fin février. C'est totalement irréaliste ! », commente-t-il. La CGI a fait rédiger un guide par le cabinet d'avocat Vogel & Vogel qui pointe les difficultés d'application de la loi Hamon pour le commerce de gros et le commerce international (soumis en plus à l'effet devise) et propose des pistes de réflexion pour faire évoluer le régime juridique. Un guide présenté au Sénat le 5 novembre dernier.

Amendements dans la loi Macron

Le 24 décembre, la CGI a également eu l'occa-sion d'interpeller Emmanuel Macron lors de sa visite à Rungis. Le ministre aurait reconnu que la loi Hamon était difficilement applicable pour les grossistes. À l'heure actuelle, la plupart des entreprises du secteur seraient dans l'illégalité, mais la DGCCRF devrait se montrer indulgente.

Afin de régler le problème, la CGI travaille à la rédaction d'amendements pour corriger la loi Hamon et sortir le commerce de gros des nouvelles règles en matière de négociations commerciales. Amendements qui seront proposés dans le cadre de la loi Macron. « Nous avons des réunions quotidiennes pour ajuster le texte, mais les amendements sont presque prêts », confie Marc Hervouet. Reste la difficulté de bien définir le commerce de gros pour que les centrales d'achat de la grande distribution ne s'engouffrent pas dans la brèche...

COMPTE PÉNIBILITÉ : « TROP DE PAPERASSERIES »

Lors des vœux à la presse, Marc Hervouet, président de la CGI, a évoqué la complexité de la mise en place du compte pénibilité, applicable au 1er janvier dernier. François Hollande a affirmé le 5 janvier : « Ça va être simple. Et si c'est encore trop compliqué, ça sera simplifié. » Une mission a été confiée à Michel de Virville, conseiller-maître à la Cour des comptes. Pour la question du travail nocturne qui concerne particulièrement les grossistes de l'alimentaire, la CGI milite pour que l'on utilise les feuilles de salaire sur lesquelles sont déjà inscrites le nombre d'heures travaillées de nuit. Et de dénoncer la paperasserie supplémentaire contraire à l'efficacité économique.

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

vaches dans un pré
Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore

Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

Hausse des prix des céréales, entre tensions internationales et conditions de culture difficiles

Les prix du blé tendre, des orges et du maïs ont fortement progressé sur le marché physique français entre le 13 et le 20…

oeufs
Œufs polonais contaminés : Lidl suscite la colère de l’amont

La présence d’œufs polonais dans les magasins Lidl était dénoncée par l’amont depuis plusieurs semaines, car ceux-ci ne…

Vue aérienne d'une ferme agricole
Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035

La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio