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Les fruits et légumes seraient-ils devenus « tendance » ?

Les efforts d'Interfel ont fini par payer : la consommation des fruits et légumes repart. L’interprofession entend continuer à rajeunir l’image de ses produits.

A force d’entendre qu’il faut manger plus de fruits et légumes, les Français ont fini par passer à l’acte. La preuve? En 2003 le panel Sécodip a enregistré une hausse de 0,7 % sur l’achat des ménages français. Cette reprise concerne particulièrement les « jeunes célibataires et les jeunes couples » qui ont augmenté leur consommation de fruits de plus de 10 % en un an. Dans le détail, selon les résultats du panel diffusés par Linéaires, la consommation de fruits a été tirée par les pommes (+11% en volume), les poires (+19%), les prunes (+12% sur les prix, +12 % sur les volumes), les pêches nectarines (+36% sur les prix sans rien perdre en volume) et les mandarines. Pour les légumes, la croissance tirée par « les familles avec au moins un enfant au collège et lycée» (+5,4%) et les « jeunes couples sans enfants » (+3,9%) repose surtout sur les produits classiques : tomate (+5%), carotte (+6%), endive (+18%, en raison d’un effondrement des prix) et concombre (+6%). « On est sur une bonne tendance, la demande est là », se félicite Laurent Damiens, directeur marketing d’Interfel. Même si le facteur prix et le facteur climatique peuvent expliquer en partie cette hausse, selon lui, globalement la reprise est bien due à un effet de la demande. « La pomme est le produit qui a le mieux marché, ce n’est pas lié à la chaleur. En revanche pour la nectarine, ce n’est pas impossible que l’effet canicule ait joué », souligne-t-il.

Les produits simples privilégiés

La reprise de la consommation s’avère être une très bonne surprise pour les professionnels d’autant qu’elle est stimulée par les jeunes. En revanche, tout le monde ne profite pas de la même manière de cet engouement. « Les jeunes vont sur des produits simples, faciles. Du fait qu’ils fréquentent souvent les hard-discount, ils achètent surtout des produits basiques », explique Laurent Damiens. Malgré tout, il semblerait qu’Interfel soit sur le point de réussir son pari : séduire les jeunes en donnant une image « moderne, tendance » aux fruits et légumes.

La campagne TV Fraîch’Attitude, testée trois semaines après la vague d’automne, a reçu un score d’agrément de l’ordre de 60 à 70 %. Les expositions menées dans la galerie d’Interfel ont fini par attirer les journalistes de la presse « branchée » (Nova, Les Inrocks…). Sur les autres segments de population, l’argument santé (largement relayé par le PNNS) a fait mouche. Interfel peut donc se concentrer sur la cible jeune. « Notre objectif pendant 3 ans est de communiquer à 100 % sur les jeunes », confirme Laurent Damiens. Un million d’euros ont été dépensés sur la première vague publicitaire à l’automne et la même somme sera consacrée à la deuxième vague qui commence dans quelques jours.

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