Les fabricants d’aliment demandent l’aide des banques
L’association des fabricants d’aliments du bétail de l’Ouest (AFAB) a lancé un appel, jeudi, pour que l’ensemble des partenaires des éleveurs bretons « assument leurs responsabilités » dans la crise économique actuelle, à commencer par les banques. « Aujourd’hui, nous avançons 10 millions d’euros par jour aux éleveurs, et compte tenu de la conjoncture, qui devrait voir augmenter les prix de l’aliment, nous sommes inquiets pour la trésorerie des éleveurs, que nous assurons en bonne partie », explique Laurent Morin, délégué général de l’AFAB. Entre la remontée des prix des matières premières et une production en baisse, notamment en provenance d’Amérique du Sud, la fabrication d’aliments pour bétail risque de coûter plus cher, note le syndicat. La loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août n’arrange pas les rapports entre éleveurs et fournisseurs d’aliments. La LME impose de nouvelles règles sur les délais de paiement (45 jours fin de mois maximum ou 60 jours net) avec des pénalités en cas de retard, et ce depuis le 1 er janvier 2009. Les fabricants d’aliments bretons participent à des négociations à l’échelle nationale afin d’adapter la loi aux situations difficiles que connaît le monde de l’élevage en Bretagne. « Cette loi favorise un partenariat sain entre fabricants et producteurs (…) mais d’un autre côté le montant des encours doit être sécurisé ». Les fabricants souhaitent trouver dans les banques des « partenaires » pour la trésorerie des éleveurs de la filière agricole bretonne. Et notamment de la filière porc, la plus touchée en cette période de crise. Le chiffre d’affaires de la profession bretonne des fabricants d’aliments du bétail est d’environ 200 millions d’euros par mois, précise l’AFAB.