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Les engraisseurs de bovins peuvent investir en toute sécurité

Un dispositif de soutien à l'engraissement est lancé. Il permet de sécuriser le revenu des nouveaux investisseurs. L'objectif de la FNCBV et de la FNB est de créer environ 15 000 places par an.

La Fédération nationale Coopération Bétail et Viande (FNCBV) et la Fédération nationale bovine (FNB) annoncent, dans un communiqué commun, le lancement d'un dispositif en faveur de l'engraissement bovin. Il est le fruit de deux ans de travail en étroite association avec le ministère de l'Agriculture et l'Office de l'Élevage. Son but est de sécuriser le revenu des nouveaux investisseurs. Les deux fédérations espèrent par ce biais favoriser la création d'environ 15 000 places par an.

« Dans un contexte de découplage des aides (lié à la réforme de la Politique agricole commune, Ndlr), certains éleveurs risquent d'arrêter l'engraissement au profit d'activités moins astreignantes et plus lucratives, expliquent-elles. Ce désengagement aurait bien évidemment des conséquences sur toute la filière et entraînerait une perte globale de la valeur ajoutée et une suppression d'emplois.» Pour parer une telle éventualité, la FNCBV et la FNB misent sur la professionnalisation des ateliers et la gestion du risque lié à l'activité, qui rappellent-elles, a également une répercussion positive sur les débouchés des producteurs d'animaux maigres.

Le plan s'adresse aux éleveurs adhérents d'une Organisation de producteurs (OP), qui contractualisent leur production dans une filière pour une durée minimale de cinq ans. Ces derniers doivent également créer de nouvelles places d'engraissement (50 au minimum), pour atteindre une dimension économique jugée viable (100 places minimum en jeunes bovins et 50 pour les bœufs et les génisses).

Un engagement minimal de cinq ans

Le dispositif de sécurisation ne fonctionnera qu'en dehors d'une plage neutre, dont les bornes sont à 95 % et 105 % du prix revient défini par les organisations de producteurs. En zone rouge, l'éleveur perçoit une compensation. Lorsque le produit est supérieur à 105 % du prix de revient, le dispositif est abondé.

Le système est géré par les organisations de producteurs, mais financé par les éleveurs, les organisations de producteurs et les entreprises d'aval. A eux de s'entendre sur les niveaux de participation à la caisse de sécurisation. « Nous incitons les organisations de producteurs à constituer dès à présent leur dossier, indique Anne Blanchard, de la FNCBV. Il doit être transmis à l'Office de l'Élevage, qui pourra verser 2 000 euros par exploitation». Ce montant entre dans le cadre de l'aide de minimis, fixée par Bruxelles.

« La mise en place d'un dispositif de sécurisation est un outil qui permet d'inciter les éleveurs dans leurs prises de décision, précise le communiqué. Il ne vise ni à garantir un prix, ni à intervenir sur sa constitution, l'économie de marché devant rester primordiale. Il régularise dans le temps, mais sur une période limitée, les flux de trésorerie au niveau de l'élevage et permet au producteur de disposer de meilleures garanties pour assurer le remboursement de ses investissements. Il s'inscrit donc en complément des autres dispositifs en faveur de l'élevage, qu'il s'agisse du plan de modernisation des bâtiments d'élevage ou des projets filière».

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