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Les éleveurs porcins inquiets des distorsions de concurrence

La filière française souffre de nombreux handicaps. Michel Barnier a promis des assouplissements, notamment en matière de ZES. Mais, une étude de l'Ifip pointe l'ampleur des sujets à traiter.

Environnement, main d’œuvre, alimentation animale, équarrissage ou transport, les sources de distorsion de concurrence sont nombreuses dans le secteur porcin. Elles constituent un lourd handicap pour la filière française, selon le président de la FNP Jean-Michel Serres. « Depuis dix ans, nos investissements se ralentissent, a-t-il déploré mercredi en assemblée générale. La France prend du retard dans son développement et sa restructuration, par rapport au Danemark, à l’Allemagne ou à l’Espagne. »

C’est dans le domaine de l’environnement que les éleveurs se heurtent au plus grand nombre de difficultés. Michel Barnier leur a annoncé que des discussions étaient en cours avec le ministère de l’Écologie concernant les Zones d’excédent structurel (Zes). « Une adaptation voire une suppression » de certaines règles sont à l’étude, afin de « ne pas limiter la croissance des effectifs porcins » quand la résorption de l’azote est satisfaisante, a-t-il précisé. Le ministre s’est dit ouvert à des évolutions en ce qui concerne les installations classées. Il a jugé « légitime » la demande de révision du tonnage des poids lourds, exprimée par Jean-Michel Serres. Selon ce dernier, le passage de 40 à 44 tonnes entraînerait une économie de 25 centimes par porc produit. A propos de l’utilisation des graisses animales dans l’alimentation des porcs, Michel Barnier a évoqué une expérimentation des services des Fraudes concernant la détection des résidus protéiques.

Excès de zèle

Une étude de l’Ifip, présentée par le responsable du pôle Économie Michel Rieu, dresse un inventaire complet des distorsions de concurrence. En matière d’environnement, la directive Nitrates donne lieu à des particularités françaises. Il y a par exemple interdiction d’agrandir les élevages et traitement obligatoire des effluents dans les Zes. Or, le coût de ce dernier est évalué entre 8 et 10 centimes contre 2 à 3 pour l’épandage. Plusieurs pays accordent des dérogations à la règle des 170 unités d’azote. Dans le domaine du travail, l’Allemagne utilise plus de 60 % de main d’œuvre étrangère en prestation. L’économie qui en résulte est évaluée à 5 centimes par kilo de viande. Cela entraîne des opportunités stratégiques largement exploitées : plus d’élaboration et de charcuterie fraîche, des exportations en forte croissance. L’Espagne et le Royaume-Uni sont engagés dans la même voie.

A propos des graisses, la réglementation française apparaît plus stricte : moins de graisses bovines utilisables, des graisses de monogastriques à purifier, contrôles très stricts. L’économie potentielle est chiffrée à 0,6 centime par kilo. Au chapitre des OGM, l’Ifip évoque un risque de rupture d’approvisionnement en soja accru pour la France. Un différentiel de prix du maïs de 80 euros par tonne existe entre les Etats-Unis et l’UE. Autre distorsion, le financement est plus long au Danemark, ce qui abaisse le prix d’équilibre de 5 à 8 centimes. Et la liste est encore longue.

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