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«Les destins de la production et de l’abattage sont liés»

Les abatteurs-découpeurs de porc tiennent leur assemblée générale aujourd’hui à Paris. L’occasion pour leur président Paul Rouche de souligner l’enjeu de la compétitivité des entreprises.

Les Marchés : Un nouveau dispositif sur la taxe d’équarrissage entre en vigueur dans quelques jours. Allez-vous en rester là?

Paul Rouche : Le SNCP a été le seul à se battre au sein de l’interprofession pour répercuter cette charge à l’aval. Il a fallu engager une épreuve de force afin d’aboutir à un accord équitable de répartition entre les familles et une contribution financière des éleveurs. Nous avons aussi obtenu une prise en charge équilibrée entre producteurs et abatteurs du coût des déchets d’abattoirs. Les entreprises tiennent à sa bonne application. L’action ne s’arrête pas là et se poursuivra sans relâche pour obtenir une prise en charge par les pouvoirs publics.

La France est le seul pays de l’UE qui a fait le choix de faire supporter à l’abattoir la totalité de l’équarrissage. Son coût représente 5% du prix de vente du produit et constitue un handicap face à la concurrence internationale. Ma crainte est qu’au 1er juillet, la taxe reste la même, voire augmente. L’action de l’État est décevante et ce dossier de la réforme du financement du SPE laisse un goût amer.

Ce matin, une intervention est consacrée au retour des protéines carnées dans l’alimentation animale. Quel en est l’enjeu?

P.R : L’objectif est d’obtenir une réintroduction des produits sanguins avant la fin de l’année, puis des farines de volaille et de porc. Il faudra communiquer de manière intelligente auprès des distributeurs et des consommateurs en disant que cela ne présente aucun risque. La valorisation des coproduits est un enjeu essentiel pour la compétitivité de la filière. Nous sommes pénalisés par des différences de réglementation entre la France et le reste de l’UE. L’administration ne nous aide pas. La compétitivité, c’est aussi accepter la réalité économique des prix et du marché. Comment justifier que le marché du porc breton affiche encore une référence de paiement à 54 TVM, alors que la moyenne est à 61? Comment justifier de continuer à payer des plus-values sans possibilité de revalorisation en aval, notamment dans le cadre de la traçabilité «T»?

Les éleveurs reprochent souvent aux abatteurs d’être à des niveaux de prix inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres pays européens. Pourquoi?

P.R : Les relations sont de plus en plus tendues entre les secteurs de l’abattage découpe et de la production. C’est regrettable. Nos deux maillons ont destin lié et doivent ensemble défendre leur marge et leur avenir. Il faut passer des accords de filière avec les distributeurs et les salaisonniers. En jouant de façon préférentielle pour les produits français, comme le font notamment les Espagnols, les Belges ou les Allemands, notre production sera mieux valorisée sur le marché domestique et plus compétitive à l’export. Là où les abatteurs ont des progrès à faire, c’est dans le marketing, l’innovation, l’image du produit. Le porc est perçu comme une viande grasse, alors que la filière n’a eu de cesse depuis 20 ans d’en faire une des plus maigre à parité avec la volaille. Inaporc a un rôle important à jouer dans la communication.

Un autre dossier interprofessionnel est celui des promotions. Il est temps de mettre en œuvre un véritable code de bonne conduite. Si les promos sont nécessaires à l’animation d’un rayon et à la relance de la consommation, celles-ci peuvent être attractives sans casser les prix et tirer les cours de la filière vers le bas. Les enseignes de hard discount ont démontré qu’avec une politique de prix attractif toute l’année, elles gagnaient des parts de marché.

Les enjeux majeurs de l’AG : réagir face à la dégradation de l'image et de la consommation de la viande porcine (interventions de CSA). Le retour des protéines carnées dans l'alimentation animale (intervention de Alexander Döring, secrétaire général de la Fefac).

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