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Les carpes et brochets de Dombe bientôt sous IGP

Deux tonnes de carpe respectant le cahier des charges IGP ont déjà été produites depuis juin 2006. Les porteurs du projet espèrent voir la demande d’IGP pour la carpe et le brochet aboutir d’ici la fin 2007.

La première IGP française pour la carpe et le brochet est sur le point de voir le jour, l’INAO venant d’accepter le cahier des charges pour la production issue de la Dombe. Activité touchée par une profonde morosité, la pisciculture en étang souffre d’un manque de reconnaissance des consommateurs, et de prix qui n’ont pas évolué depuis près de vingt ans. La région de la Dombe (Ain), connue pour ses 10 000 hectares d’étangs, ne fait pas exception. Afin d’endiguer cette crise, une soixantaine de producteurs et divers acteurs locaux se sont réunis, en 2001, au sein de l’Association de promotion des poissons des étangs de la Dombe (APPED). Cette structure, présidée par Guy Moissonnier, a mis en place une demande d’IGP pour les carpes et brochets de Dombe, qui représentent l’essentiel de la pêche, soit 850 tonnes de carpe et 60 tonnes de brochet par an.

Par cette démarche, l’APPED poursuit plusieurs objectifs : premièrement, valoriser la production piscicole et le savoir-faire dombiste. En effet, cette activité, pratiquée uniquement par des passionnés, est restée très traditionnelle, ne bénéficiant d’aucune aide motorisée.

Un enjeu écologique

Deuxièmement, l’association souhaite préserver l’ancrage géographique de l’activité dans la Dombe. Dans ce sens, le cahier des charges de l’IGP garantit que les poissons ont entièrement évolué dans ce milieu. Une contrainte qui permet de mettre en avant la qualité écologique du poisson grâce au principe de la pisciculture extensive (les poissons s’alimentent eux-mêmes) appliqué par l’ensemble des producteurs. Troisièmement, cette démarche a pour but d’assurer la pérennité des étangs. «Freinés par la faible rentabilité de l’activité, certains propriétaires tendent à se désintéresser de la pêche,regrette Gilles Cauvin, animateur de l’APPED et conseiller aquacole auprès de la chambre d’agriculture de l’Ain. Nous craignons que cette démotivation ne les pousse à vider les étangs, qui apportent une forte valeur écologique pour la flore et les nombreux oiseaux». C’est essentiellement pour cet intérêt écologique et paysager que l’APPED bénéficie d’un soutien financier des institutions locales comme le Conseil Général et le Conseil Régional, qui ont mis en place un programme intégré de développement agricole (PIDA) pour le poisson de la Dombe, sur la période 2004-2007.

Afin de tester la faisabilité du projet, 2 tonnes de carpe ont été produites depuis juin 2006 respectant le cahier des charges IGP. «Les producteurs essayent de mettre en œuvre la labellisation, mais il n’existe pas encore de véritable architecture économique du programme», souligne Timothée Gadenne, directeur de l’Association pour le développement de l’aquaculture et de la pêche en Rhône-Alpes (ADAPRA), qui soutient la démarche. En effet, un des derniers objectifs de la demande d’IGP est de structurer cette activité, et de faire accepter aux producteurs de nouvelles contraintes. Les porteurs du projet espèrent voir la demande aboutir d’ici la fin 2007.

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