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Les Bordelais veulent redonner le goût du vin aux jeunes

Alors que le vignoble bordelais traverse une grave crise (LM d’hier), les appellations Bordeaux et Bordeaux supérieur lancent une série d’initiatives pour aller à la rencontre d’un public jeune.

« Quand les parents ne boivent plus, les enfants ne trinquent pas». On pourrait ainsi paraphraser un dicton célèbre en se rapportant à l’exposé présenté par Isabelle Saulle, doctorante en sociologie, attachée de recherches à l’Université de Bordeaux, à l’occasion du débat organisé par le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur le 2 décembre sur le thème « Les jeunes et le vin : comment favoriser le dialogue ? ». Isabelle Saulle rappelle qu’autrefois, la transmission en matière de vin se faisait essentiellement par la table familiale. Aujourd’hui le vin n’apparaît de plus en plus souvent qu’occasionnellement dans les repas de famille et les jeunes adultes n’ont plus le réflexe « vin » pour accompagner le repas. Donner aux jeunes le goût du vin est donc à terme un enjeu considérable pour ce secteur économique, afin assurer la relève des générations de consommateurs, fussent-ils occasionnels.

Des produits adaptés

Malgré les profonds changements intervenus dans leurs modes de consommation de boissons, y compris alcoolisées, la cause du vin ne paraît pas perdue auprès des jeunes. Car, paradoxalement, les études et sondages de ces dernières années démontrent que si les jeunes consomment peu de vin ils en ont en revanche une image valorisée. Ils le considèrent néanmoins comme un produit complexe, difficile à choisir ; « ils ne savent pas en parler mais ils attendent qu’on leur en parle. », dit un intervenant.

La pédagogie jouerait donc un rôle essentiel dans cette démarche. Des actions dans ce sens existent, comme les séances de découverte dans les grandes écoles, que parraine le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux, la création de clubs d’œnologie dans destinés aux étudiants avec dégustations commentées, conseil simple, éducation progressive. Cette démocratisation du vin permettrait de décomplexer le jeune consommateur vis-à-vis d’une perception mythique du vin. Silvana Lilli, coordinatrice de « Vino e Giovanni » lancé en 2002 en Italie avec le concours du gouvernement et des régions et fondée sur des contacts dans les universités, par Internet, dans des manifestations diverses, des questionnaires auprès des jeunes ; il en est ressorti, comme en France, que les jeunes sont en quête d’information et de formation, mais très ouverts au vin.

« Il est absolument sûr que les jeunes ne viendront pas vers le vin tout seuls» affirme Jacques Bouey, consultant chez Gatard§Associés qui plaide pour une adaptation du produit aux goûts des jeunes : vins légers, glacés, aromatisés, cocktails à base de vin, des produits modérément dosés en alcool, consommés en boîtes de nuit.

Plus classiquement, une initiative prise en partenariat entre des vignerons bordelais et un négociant avec la création d’un vin adapté au circonstance de sa dégustation, apéritif, détente, repas festif, un Bordeaux sur le fruit, souple, rond, validé par une caution « jeune consommateur » avec un packaging attrayant, une communication par internet, une animation du produit au cours de rencontres entre jeunes consommateurs et jeunes vignerons. Et une recherche du meilleur rapport qualité-prix qui constitue un argument important auprès des consommateurs, jeunes, mais aussi adultes.

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