Aller au contenu principal

Les Bordelais se mettent à la vente directe

Les viticulteurs sont nombreux à se tourner vers les salons pour contourner le négoce.

« Avec la crise dans la viticulture, il ne faut pas rester chez soi. Il faut aller voir le client sur place, le rencontrer, lui faire déguster nos produits», assure Jean-Pierre Magnaudeix, vigneron dans le Saint-Emilion. Comme lui, quelque 200 viticulteurs de toute la France ont participé à la sixième édition du Salon des Vignerons Indépendants de Bordeaux, misant sur cette relation privilégiée avec leur clientèle pour faire face aux affres de la crise. Les Vignerons indépendants réalisent leurs vins de A à Z. Entretien de la vigne, vendange, vinification, élevage, mise en bouteilles… rien ne leur échappe. Mais ils en assurent aussi la commercialisation, du moins en partie, hors du circuit des négociants ou des coopératives.

Ainsi, beaucoup ont le sentiment de « mieux s’en sortir», grâce à cette vente directe auprès de leurs clients. Une vente « réalisée avec des marges normales», et qui évite d’être tributaires « d’un marché spéculatif», explique Daniel Mouty, président des Vignerons indépendants d’Aquitaine.

« Moi, dit ce viticulteur - 42 hectares en Saint-Emilion Grand Cru, Pomerol et Bordeaux - quand un négociant m’appelle pour me dire ‘je vous achète le tonneau à 800-850 euros» (cours moyen du Bordeaux rouge en vrac, après l’effondrement des cours), je peux dire ‘non’. Car j’ai fait le Salon de l’agriculture, j’ai vendu en Belgique. Celui qui n’a rien développé au niveau commercial ne peut pas raccrocher. Il est plus dépendant du système, c’est-à-dire du négoce », dit Daniel Mouty. « Le négoce, ce n’est pas l’ennemi, reprend-il. 850 euros, c’est un prix insidieux, mais c’est le prix du marché ».

« Se faire connaître et faire goûter nos vins»

Pour les Vignerons indépendants, le contexte morose que traverse la viticulture rend plus que nécessaire l’effort commercial. Révolue l’époque où « presque 100 % de la récolte partait de la propriété », témoigne Brigitte Fleith, du Domaine Fleith-Eschard, à Ingersheim. Aujourd’hui, il faut « se faire connaître, faire goûter nos vins, plutôt que de laisser les clients partir à l’aveuglette », dit cette jeune femme, qui n’a pas hésité à faire les 1 000 kms qui séparent l’Alsace de Bordeaux, pour faire découvrir un domaine reconverti dans la biodynamie.

« Les salons -il en fait une trentaine par an -, c’est ça qui nous sauve aujourd’hui », affirme Jean-Pierre Leymarie, propriétaire de Château Lafargue. Cet investissement commercial, combiné avec une appellation renommée - Pessac Léognan- et « une démarche qualitative et de prix, nous font passer la crise sans trop de dommages. Pour le moment », spécifie-t-il. Jean-Pierre Leymarie assure qu’avec sa commerciale, « on est toujours sur la route». « C’est un bouleversement de notre métier, explique Jean-Pierre Magnaudeix. On est plus dans le bureau et dans la voiture que dans la vigne ». Quant aux clients, ils semblent apprécier ce contact avec les producteurs. En 2003, le salon bordelais avait accueilli 9 300 visiteurs, 11 600 en 2004 et cette année, les organisateurs en attendaient 14 000.

Rédaction Réussir

Les plus lus

nuggets
Poulet : 72 % des approvisionnements de McDonald's couverts par un contrat avec LDC et ses partenaires

La chaîne de restauration rapide McDonald’s France a signé, vendredi 17 juillet, le nouveau contrat de fourniture de viandes…

vaches dans un pré
Les prix des jeunes bovins retrouvent les niveaux de 2025, ceux des vaches baissent encore

Ce sont les prix des jeunes bovins qui ont le plus contribué à la baisse du prix moyen pondéré des gros bovins entrée abattoir…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Près de 100 000 t d’œufs importés par l’Europe en seulement 5 mois, la Turquie très présente

L’Union européenne a importé plus d’œufs en cinq mois que sur toutes les années complètes précédentes, antérieures à 2025.

oeufs
Œufs polonais contaminés : Lidl suscite la colère de l’amont

La présence d’œufs polonais dans les magasins Lidl était dénoncée par l’amont depuis plusieurs semaines, car ceux-ci ne…

Vue aérienne d'une ferme agricole
Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035

La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation…

cartons sous film
D’où viennent les œufs vendus sur le marché de Rungis ?

L’origine France est très largement majoritaire pour les œufs vendus sur le marché d’intérêt nationale de Rungis.  

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio