Aller au contenu principal

SUPERFRUITS ET ANTIOXYDANTS
Les baies du succès

Si les transformateurs ne peuvent plus alléguer du pouvoir antioxydant des fruits, leurs propriétés nutritionnelles demeurent. Et leur présence, en particulier celle des baies, attire le consommateur.

La réglementation sur les allégations santé a mis un coup d’arrêt aux revendications portant sur le pouvoir antioxydant des fruits. Coïncidence ? « Après un pic il y a deux-trois ans, notamment dans les boissons, l’intérêt des industriels pour les superfruits semble être quelque peu retombé », note Yannick Troalen, consultant Tendances & Innovation chez Mintel. Certes, à l’origine, l’arrivée en Europe de certaines marques américaines a suscité un engouement. Soutien en communication aidant. Mais là où Ocean Spray a réussi à s’imposer, sur la cranberry, d’autres, comme Pom’Wonderful, sur la grenade, n’ont jamais vraiment percé. L’analyse par Mintel des lancements de l’industrie agroalimentaire européenne entre 2009 et 2012 le montre. La cranberry arrive largement en tête des « superfruits » utilisés, suivie de loin par la grenade, le guarana et l’acérola. Un succès sans commune mesure avec celui, assez limité, de la baie de goji ou de l’açaï.

 

 

Pourtant, quelques années auront suffit pour faire rimer superfruits et antioxydants dans l’esprit du consommateur. Même si leur richesse en fibres, vitamines, minéraux et autres nutriments leur conférent des qualités nutritionnelles spécifiques fait aussi partie de leur définition. Mais l’indice ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) développé par l’USDA (United States Department of Agriculture), pour mesurer la teneur en antioxydants dans l’ensemble des aliments, a fait émerger açaï, myrtille sauvage, cranberry, mûre, framboise et autres baies au rang des fruits anti-vieillissement. Même si prune, date, raisin… en font aussi parti. « Le marketing s’en est emparé. Et l’on est allé cher- cher dans des régions de plus en plus reculées de nouveaux » superfruits « à proposer aux consommateurs occidentaux », commente Sophie de Reynal, de Nutrimarketing. Logique théorique des choses : plus les végétaux poussent dans des conditions extrêmes, plus leurs fruits accumulent des éléments nutritionnels pour assurer leur survie.

 

ACTIMEL JOUE SUR L’ACEROLA ET LES FRUITS ROUGES

 

« On est passé d’un superfruit à l’autre, sans que le goût soit forcément au rendez-vous. On semble revenir aujourd’hui à des fruits plus classiques », juge Yannick Troalen. Ou tout au moins bénéficiant d’une large acceptation. Témoins, les récents lancements de boissons superfruits aux marques Joker et Fruité. Cette dernière, par exemple, privilégie grenade, cranberry,myrtille et leur association avec du cassis et du raisin. S’inscrivant dans la tendance. Car, « les baies sont très à la mode, pour leur pouvoir antioxydants, même s’il n’est pas revendiqué. On sait que plus un fruit est coloré, plus il est riche en antioxydants », souligne Sophie de Reynal. Dans le secteur laitier toutefois, les caractéristiques nutritionnelles des fruits restent peu exploitées. « Les yaourts n’en contiennent pas suffisamment pour ce faire, même si leur image de produits vivants peut évoquer auprès des consommateurs une teneur en fruits supérieure à celle des compotes, par exemple », reprend Nutrimarketing. D’ailleurs, la gamme Fruitée Superfruits de Savoie Yaourt, lancée en mai 2011, n’aura pas tenu plus de 8 mois en rayon. À l’inverse, « en Allemagne et dans d’autres pays du nord de l’Europe, Danone commercialise avec un certain succès depuis 2010, Actimel Powerfrucht », souligne Mintel. La revendication immunitaire du L. Casei a été remplacée ici par l’apport naturel de vitamine C de l’acérola. Mais côté parfums, les baies dominent, avec les références fraisecranberry, myrtille, framboise… En France, en revanche, Actimel vitamine C associe l’acérola à des parfums citron, orange ou kiwi. « Les superfruits sont plus présents dans d’autres pays européens, comme l’Allemagne, du fait de leur modèle de consommation », commente João Miranda, président du groupe Frulact, l’un des cinq premiers fabricants européens de préparations de fruits. De fait, l’Allemagne se classe en tête des lancements de produits laitiers avec cranberry, suivie par le Royaume-Uni, la Pologne, la Russie et la Finlande(1). Mais si la cranberry, entre en Europe, dans de nombreuses catégories de produits laitiers (yaourts en pot ou à boire, et dans une moindre mesure, fromages blancs et desserts lactés, mais aussi fromages à pâte dure et semi-dure, fromages frais…), elle n’arrive qu’en huitième position parmi les baies utilisées dans les produits laitiers. La fraise domine, suivie de la framboise, de la myrtille, de la mûre, de la baie de sureau, du raisin et du cassis

 

(1) Source Mintel – janvier 2009 à décembre 2012


AVIS D'EXPERT

« DAVANTAGE DE FRUITS ANTIOXYDANTS DANS L’ULTRAFRAIS LAITIER »

« Ces dernières années, les lancements de produits ultrafrais laitiers contenant des fruits antioxydants, en particulier le cassis et la myrtille sauvage, ont progressé en France. Ils ont été encore plus nombreux en 2011 et 2012, en dépit de l’avis défavorable de l’EFSA sur l’allégation antioxydant. Les fabricants les associent souvent avec des fruits qui, comme la cranberry, sont incontestablement connus, sur le plan marketing, comme des » superfruits «. Mais la communication s’appuie aujourd’hui sur leur richesse en vitamines, et non plus sur leurs propriétés antioxydantes. Chez Frulact, nous avons optimisé le process de fabrication des préparations de fruits pour améliorer la préservation de ces nutriments. C’est le résultat d’un programme de recherche visant à comprendre l’impact de chaque étape de la transformation sur les composants phytochimiques du fruit. »

 

ILS ONT DIT...

Originaire du Brésil, le guarana, déjà présent dans les jus de fruits en Espagne, pourrait émerger à la faveur de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016. »

Yannick Troalen, consultant Tendances & Innovation chez Mintel

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio