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Le sel de Guérande impatient d'être reconnu « produit alimentaire »

Trois ans après avoir obtenu un avis favorable de l'Afssa, les paludiers attendent toujours que leur produit soit classé « alimentaire » par les Pouvoirs publics pour pouvoir obtenir l'IGP.

Charles Perraud, paludier et ancien directeur de la Coopérative des salines de Guérande, s'impatiente. La protection du sel de Guérande en IGP est retardée par une réglementation française qui lui refuse le statut de « produit alimentaire », ce qui constitue incontestablement un frein à son expansion commerciale, pourtant remarquable ces dernières années. Le droit français fixe en effet le taux de sodium minimum contenu dans les sels alimentaires à 97 % de teneur en chlorure de sodium. Or le sel de Guérande n'en contient que 94 %.

Mais les paludiers de Guérande pensaient avoir franchi un grand pas en obtenant une première reconnaissance officielle. Dans une lettre du 30 juillet 2002, la DGCCRF indique en effet que le comité des experts de l'AFSSA estime qu'avec 94 % de chlorure de sodium, le sel français de l'Atlantique récolté traditionnellement peut être reconnu en tant qu’« alimentaire».

Les sels d'origine, seul marché en croissance

Mais depuis, le dossier est en attente au ministère. Un arrêté était à la signature et a été bloqué, le service juridique de la DGCCRF ayant réalisé tardivement que cette disposition ressort d'un décret et non d'un arrêté. « Nous ne comprenons pas pourquoi trois ans après la reconnaissance du sel de l'Atlantique français récolté traditionnellement comme produit alimentaire par l'Afssa, aucun acte officiel ne soit paru», s'interroge Charles Perraud.

La reconnaissance en IGP permettrait pourtant de pérenniser une production liée au terroir de l'Atlantique : 2 000 hectares de marais, un site classé depuis 1996 reconnu site remarquable du goût depuis 1995, une norme ISO 9002 puis 9001, renouvelée en 2005, un Label Rouge (label agricole) en 1991, un cahier des charges Nature et Progrès...

En outre, le sel de Guérande bénéficie d'un contexte commercial plutôt favorable depuis la relance de l’exploitation des marais dans les années 80. « Le marché du sel est partagé en deux grandes catégories, précise Ronan Loison, l'actuel directeur général des Salines de Guérande. D'une part, les sels d'origine de type Guérande, Ré, Noirmoutier, sels naturels qui représentent environ 19 000 t de sel/an et 20 % des sels de table. D'autre part, les sels industriels représentent 380 000 tonnes». Mais dans un marché en baisse de 3 %, les sels d'origine représentent le seul marché en croissance.

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