Le secteur porcin s’attend à subir des défaillances
«Il n'y a pas eu d'embellie cet été, des mois qui habituellement nous permettent d'équilibrer notre année, c'est la première fois que je vois ça en 39 ans », constate Fortuné Le Calvé, président du comité régional porcin de Bretagne. Depuis le 2 juillet, les cours du porc ont chuté de 10,4%, atteignant 1,212 euro hier à Plérin. Conséquence selon lui: 20% des producteurs sont « dans le rouge vif ». « Ils ont consommé leurs capitaux propres et s'ils étaient artisans, seraient contraints au dépôt de bilan », souligne Le Calvé. La baisse des prix du porc ne menace pas que les producteurs. Pour Hervé Vasseur, président de l'Association des fabricants d'aliments du bétail de l'Ouest (Afab), « toute la filière souffre, les fabricants d'aliments, les abattoirs, les entreprises de transformation ». Régulièrement mises sur le banc des accusés, les entreprises d’abattage se défendent. Dans un communiqué commun, l’Ubap et le SNCP font part de leur « situation financière désastreuse depuis début 2009 ». La faiblesse de la demande, nationale et à l’export, impose un nouvel ajustement de l’offre. Cela risque d’arriver avec des défaillances. Paul Auffray, secrétaire général de la section porcine de la FNSEA, estime qu’« entre 10 et 20% des éleveurs pourraient arrêter dans les prochains mois ».