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Le ras-le-bol du président de l'interprofession bordelaise

Pour le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, Christian Delpeuch, «trop c'est trop». En ligne de mire : la famille de la viticulture, les pouvoirs publics, le syndicalisme généraliste et spécialisé...

Devant un parterre très nombreux de journalistes, Christian Delpeuch a annoncé cette semaine qu'à la fin de son mandat de président du CIVB, au soir du 10 juillet prochain, il démissionnerait de l'interprofession. Il a longuement explicité son ras-le-bol, alors même que la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) qui représente les viticulteurs lui avait demandé (par 15 votes sur 19) de rester un an, le temps qu'elle s'accorde sur la désignation d'un candidat à même d'assurer l'alternance.

Pour Christian Delpeuch, la goutte d'eau qui fait déborder le vase ce sont les remous qui entourent la récente intrusion de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Gironde dans les bureaux du CIVB. Ils y ont « volé les listings des transactions pour repérer les négociants qui achètent en dessous de 1000 euros le tonneau (900 hl - d'AOC Bordeaux rouge) et entamer des actions de force (destructions de cuves) chez ces derniers». L'opération a conduit l'interprofession à porter plainte pour « vol de documents administratifs et confidentiels». Christian Delpeuch reproche à la viticulture de protester « mollement sur ces agissements». Circonstance aggravante pour lui, des représentants du même syndicalisme devraient être nommés par les pouvoirs publics à la tête de Viniflhor, « sans consultation des professionnels». Christian Delpeuch exprime d’autres reproches envers la rue de Varenne.

Il liste les réformes en panne : la mise en place de la mixité, la réforme de l'agrément, la révision des densités de plantation et la mise en place de rendements différenciés...

Quant au blocus décidé par les producteurs, il a seulement reporté de 3 mois le démarrage du millésime 2005, qui affiche aujourd'hui des cours inférieurs à ce qu'ils étaient avant, pour atteindre 750 euros le tonneau.

Enfin la «feuille de route» souhaitée depuis deux ans patine. Le manque de relais syndical pour encourager à la distillation a conduit à son échec (moins de 200 000 hl). Sur le dossier arrachage, à quelques semaines de l'indemnisation des premiers volontaires, le CIVB attend toujours la caution de l'État - actée dans la Loi de Finances fin 2005 et soi-disant imminente - indispensable à l'octroi d'un prêt de 60 millions d'euros. Seule note encourageante, le redémarrage des marchés export (+ 8 % sur les 3 derniers mois), grâce en particulier à la réorientation des budgets sur la promotion.

Le futur-ex-président en appelle donc à la «décentralisation régionale» de la viticulture : il compte sur l'appui des deux acteurs politiques principaux de Bordeaux et de sa région, Alain Rousset, président du Conseil Régional d'Aquitaine et Alain Juppé, s'il revient aux affaires régionales, parce que « l'heure est venue d'imposer à Paris la volonté d'une filière qui est tout de même l'acteur majeur de l'économie aquitaine».

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