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Le Pangas du Mékong a supplanté la Perche du Nil

Pas cher, blanc, sans goût prononcé, le pangas apparaît sur les menus des restaurants et sur les étals des poissonniers. Pour ne faire prendre aucun risque à leurs clients, trois opérateurs sécurisent la filière.

Consommer du poisson est bon pour la santé. Mais est-ce à la portée de toutes les bourses ? La pression sur la ressource des produits de la pêche confine certaines espèces au créneau des produits de luxe. Aujourd’hui, importateurs et transformateurs cherchent tous le poisson qui permettra d’assurer à leurs clients un prix raisonnable, des approvisionnements sécurisés, raisonnés écologiquement et acheminés dans des conditions satisfaisantes. Après les déboires de la Perche du Nil, il semble bien que tous les regards se portent vers le pangas (ou encore pangasius hypophthalmus) originaire du Vietnam.

Poisson rustique de la baie du Mékong de type cartilagineux, sans écailles ni arêtes, le pangas s’apparente aux poissons-chats. A chair blanche, relativement ferme, et au goût peu prononcé, cette espèce se consomme sous forme de filets. Il y a une quinzaine d’années, sous l’impulsion de spécialistes français de l’aquaculture, les Vietnamiens ont réussi à mettre au point l’élevage de cette espèce naturellement présente dans les eaux douces et chaudes du Mékong. De 40 000 tonnes en 1997, à plus de 350 000 t en 2005, la production a dépassé les 800 000 t l’an passé, dont près de la moitié a été exportée vers l’Union européenne Chiffres de l’association vietnamienne des producteurs et exportateurs de produits de la mer présentés par Halieutis au Seafood.. Et les perspectives de développement restent très importantes.

« Ce poisson grandit très vite, en six mois. Grâce à deux cycles de reproduction par an, il est disponible toute l’année », explique un importateur français. Et à un prix très intéressant : de l’ordre de 3 à 4 euros du kilo à l’achat, même si un phénomène spéculatif apparaît. Au niveau écologique, le pangas nécessite peu de farines de poisson pour se développer : moins de 1 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de pangas contre 4 kg pour du saumon.

« Il y a pangas et pangas »

Malgré ces avantages, les opérateurs français restent encore très prudents sur leurs achats. « Il y a pangas et pangas. Au Vietnam, on voit tout et n’importe quoi », s’accordent à dire les trois principaux intervenants du marché français. Bien que contenant des contrevérités dénoncées notamment par le Cirad (sur http://aquatrop.cirad.fr), un reportage diffusé fin octobre 2006 dans l’émission Capital de M6 en a montré les plus mauvais côtés. Pomona TerreAzur (25 000 t de produits de la mer, 150 M Eur de chiffre d’affaires sur la filière), précurseur sur le pangas, est le premier intervenant français à avoir décidé de sécuriser la filière. Son directeur filière marée, François Jourdain, s’est déplacé fin mai 2006 au Vietnam pour sélectionner et agréer ses fournisseurs. Son choix s’est porté sur des fermes d’élevage en bassin, développées en marge du Mékong (dans la région de Can Tho en amont de la zone industrielle) avec une maîtrise de la qualité et du renouvellement de l’eau et un aliment industriel – et non de type artisanal comme l’utilise la méthode ancestrale des cages d’élevage dans les habitations au dessus du fleuve –. Pomona a ensuite sélectionné cinq usines qui ont moins de cinq ans. « Toutes les analyses depuis un an sont satisfaisantes en microbiologie, bactéries ou résidus d’antibiotiques », assure François Jourdain. « Chez nous, le pangas (ndlr : proposé en décongelé) a supplanté la perche du Nil et s’approche d’autres poissons premiers prix comme le lieu noir », poursuit-il.

L’industriel Halieutis (10 000 t, 40 M Eur de CA) qui a également sécurisé sa filière vient de lancer une offre de filets de Pangas meunière citronné persillé à marque Chronofour à destination de la restauration collective et de la GMS. Nautilus (60 M Eur de CA) propose déjà pour une enseigne de distribution en partenariat avec un importateur allemand un pangas bio (élevé dans des enclos sur des zones bien exposées aux courants du Mékong) dont le prix est trois fois plus élevé que la filière classique. L’importateur finalise actuellement la mise en place d’une filière non Bio, plus accessible, qui sera encadrée par le label européen aquagap.

Sources Ofimer d’après le panel TNS

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