Aller au contenu principal

Le niveau d’exigence se relève pour le Cantal

Le lien au terroir et les conditions de production sont au cœur du nouveau décret Cantal, qui a pour but d’élever l’AOC en termes qualitatifs, socle d’un développement des ventes.

Avec la parution ce matin d’un nouveau décret encadrant les conditions de production du Cantal, la troisième AOC fromagère de France espère améliorer sa qualité et pourquoi pas gravir la seconde marche du podium AOC.

« J usqu’ici, le décret existant protégeait surtout le nom Cantal. Avec le nouveau texte, on définit des règles de production », explique Michel Lacoste, président du Centre interprofessionnel des fromages du Cantal (Cif) qui gère par ailleurs l’appellation Salers. Le resserrement du cahier des charges apporte de nouvelles exigences sur l’alimentation des animaux, la naissance et l’élevage qui doivent dorénavant s’effectuer sur le territoire de l’appellation.

Ces pratiques sont déjà effectives, mais n’étaient jusqu’ici pas gravées dans le marbre de la réglementation. Les nouvelles attentes vont également préciser les conditions de préemballage et de râpage, ainsi que le stockage. Sur ce dernier point, le nouveau décret « est synonyme d’investissements conséquents pour les fermes, les laiteries et les caves d’affinage» poursuit M. Lacoste.

Habitué à signer les parapheurs en série, le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a cette fois pris le temps d’apposer sa signature sur le décret dans les locaux du Salon de l’Agriculture mercredi, devant les nombreux élus et représentants de la région. Le président du conseil régional d’Auvergne en a profité pour annoncer le déblocage d’une aide financière destinée à financer « les adaptations indispensables » de la filière, qui entend se redéfinir autour de trois points : l’antériorité, la typicité et le lien au terroir.

Actuellement, le Cantal mobilise environ 3000 producteurs et 30 ateliers de transformation, pour un volume de production de 18 500 tonnes plutôt constant. Grâce à l’évolution de son cahier des charges, le fromage AOC qui s’estime plutôt sous valorisé par rapport au Comté et au Roquefort espère se remettre à niveau en termes de prix. Une fois cet objectif atteint, le but est de recruter des nouveaux consommateurs, pour tenter de récupérer la deuxième place actuellement occupée par le Roquefort (dont le tonnage est légèrement supérieur à 20 000 tonnes).

D’ici 5 à 10 ans, le Cif vise en conséquence un volume de 25 000 tonnes de Cantal. « Aujourd’hui, notre travail va porter sur les exploitations, avec de l’information à apporter aux producteurs. Une fois cette étape réalisée, il nous restera à faire connaître notre savoir-faire» juge Michel Lacoste, qui a évoqué les premières discussions entamées autour d’un plan de communication sur l’appellation. La mise en application du décret, effective dès sa parution, met un terme à une longue procédure de révision entamée en 1994, et durant laquelle les relations n’ont pas toujours été au beau fixe entre les producteurs, affineurs et transformateurs (qui regroupent par ordre d’importance 3A, Lactalis et Fromauvergne). Il y a trois ans, ces dissensions ont fini par être mises de côté pour enfin avancer et donner un coup de pouce à l’AOC.

Rédaction Réussir

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio