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Le manque de femelles dirige le marché bovin

Les niveaux de prix élevés enregistrés pour les femelles se confirment à la rentrée. La faiblesse des disponibilités a permis aux cours de retrouver les valeurs de 1999. Dans ce contexte, le reste des catégories affiche également des tarifs élevés, parfois de nature à bloquer les exportations.

La modestie de l'offre en femelles demeure la caractéristique première du marché bovin. Cette donnée explique la bonne tenue des cours, malgré les besoins plus faibles des abattoirs à la fin d'un mois traditionnellement peu propice à la consommation.

En semaine 37, le cours de la vache R a atteint 311,5 euro/100 kg de carcasse, ce qui correspond, à 20 centimes près, aux niveaux de 1999!

Pour les vaches de type industriel, classées O ou P, c'est dès le mois d'août que les niveaux de 1999 ont été dépassés. Après les reculs des dernières semaines, les cours ont repris une orientation haussière, malgré la réticence des abattoirs, dont la marge commerciale se réduit significativement.

D'après les données de l'Institut de l'Elevage, les abattages de femelles sont de nouveau en déclin, après un sursaut en juin. En juillet, 145 000 vaches ont été abattues, soit 7 % de moins qu'en 2003. Au cumul de l'année, le recul s'élève à 5 %. Pour les génisses, le repli est encore plus significatif, et avec 291 000 génisses abattues sur les 7 premiers mois de l'année, la baisse est de 10 %.

Difficultés à l’export pour le jeune bovin

La hausse des cours des femelles a logiquement entraîné avec elle les cours des JB. Le JB laitier a particulièrement bénéficié du manque d'offre en femelles, venant en substitution de ce type de marchandises dans les rayons des grandes surfaces. Toutefois, les niveaux de prix atteints bloquent les exportations.

C'est ainsi que, sur le premier semestre 2004, la filière enregistre une baisse de 5 et 6 % des exportations à destination de l'Allemagne et l'Italie respectivement, alors que les achats grecs progressent de 9 %. Par rapport à 1999, les volumes exportés baissent de 23 %. Et les opérateurs ont de quoi s'inquiéter, car les prévisions émises sur les marchés du Sud sont pessimistes.

En Italie, les prix continuent de baisser, et sont entre 4 et 7 % en deçà des niveaux de l'an passé. Habituellement, la tendance est pourtant à la hausse pour la rentrée. L'offre est importante (les abattages sont supérieurs de 5 % à ceux de 2003 sur les 5 premiers mois de l'année) et pèse sur le marché. De plus, la concurrence des viandes d'Amérique du Sud devient de plus en plus vive.

Le marché du maigre au plus haut

La cherté de la viande se reflète sur le marché du maigre. Celui-ci, faiblement approvisionné et bénéficiant d'une demande dynamisée par le bon enherbement des prairies, affiche des niveaux de prix élevés. C'est surtout le cas des femelles de races allaitante ou laitière, pour lesquelles se dessinent des perspectives de valorisation ultérieure en viande très intéressantes. Le début des travaux d’ensilage de maïs a de surcroît réduit les sorties d’animaux sur les marchés.

Les broutards, après une période un peu difficile, se ressaisissent. Si les présentations sont plus étoffées, les marchés exports sont plus demandeurs, notamment à destination de l'Italie pour les bons mâles primables. La conjoncture reste plus difficile en mâles primés. Par contre, le marché des femelles continuer à se redresser particulièrement pour les bonnes laitonnes. Ces dernières intéressent aussi bien les engraisseurs français qu’italiens.

Rédaction Réussir

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