Aller au contenu principal

Le jambon Label Rouge tire la croissance des porcs labellisés

L'objectif de 100 % d'utilisation de porc Label pour la fabrication de charcuterie labellisée serait repoussé d'un an. Les industriels semblent s'orienter vers un maintien des volumes.

Un avenant à la notice technique devrait bientôt être rédigé pour la fabrication de charcuterie Label Rouge. L'Office de l'élevage l'a précisé jeudi lors de son Conseil spécialisé porcin. Il s'appuierait sur la recommandation de la Commission nationale des labels et certifications (CNLC) de mettre en place un échéancier. Au 2 mai 2006, 50 % de la charcuterie labellisée pourrait être à base de porc Label Rouge, au 1er janvier 2007, 75 %, et au 30 avril 2007, 100 %.

Ce calendrier découle des résultats d'une nouvelle étude conduite par l'Office. « La disponibilité en porcs Label permettrait de couvrir en avril 2006 la moitié des besoins pour le jambon et d'atteindre les deux tiers dans le courant du deuxième semestre de l'année. Elle permettrait de couvrir les besoins pour les autres pièces de porc », indique un document de synthèse. Les questionnaires remplis par les groupements de producteurs font état d'une stabilité à 11 000 porcs par semaine de la production sous cahiers des charges existants. Pour les nouveaux dossiers, le potentiel est estimé à 10 000 porcs par semaine dans le courant du deuxième semestre 2006. Par ailleurs, les prévisions annoncées par les transformateurs montrent une stabilité des ventes de jambon labellisé en 2006, à 13 758 tonnes. « La stratégie des fabricants semble s'orienter vers un maintien des volumes de jambon Label Rouge », souligne l'étude.

« Les derniers échos du terrain sont rassurants,rapporte Caroline Didry, du Syndicat national des labels du porc (Sylaporc). Aucun désengagement des salaisonniers n'est à déplorer. Côté producteurs, quatre nouveaux dossiers sont en fin d'instruction à la CNLC ». Cependant, des incertitudes demeurent sur la valorisation des porcs Label, qui doit compenser les surcoûts de production. Un problème de déséquilibre de la valorisation de la carcasse subsiste.

Sans intérêt gustatif

« Le surcoût est élevé, à 15 euros par porc, ce qui représente 14 % de hausse, explique Patrick Le Rüe, directeur marketing Fleury Michon Charcuterie. Il est supporté essentiellement par le jambon, dans un premier temps». Les charges supplémentaires sont liées à une surface d'élevage plus importante, avec 1 m2 par porc, soit 0,4 m2 d'ajout par rapport à ce qui se pratique en production certifiée. La durée d'élevage est allongée, à 182 jours, soit 17 jours de plus. « Au final, le produit sera le même pour le consommateur,déclare-t-il. Le porc plus âgé ne présente aucun intérêt, au vu des tests de dégustation. Il est plus gras. Les consommateurs l'ont imposé en se basant sur le poulet, qui, lui, gagne à être élevé plus longtemps. Pour le porc, la décision de repousser l'âge d'abattage est purement psychologique, basée sur l'émotion ». Quoi qu'il en soit, Fleury Michon, qui pèse 89 % du segment du jambon cuit Label Rouge, n’entend pas modifier sa stratégie sur ce créneau.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio