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Le gaspillage alimentaire dans la ligne de mire de Bruxelles

Le 1er octobre dernier se terminait la consultation publique sur le système européen de production et de consommation alimentaires, lancée, quelques mois plus tôt, par la Commission européenne. Un pas de plus vers une évolution de la réglementation. Explications.

S’inscrivant dans l’objectif de réduire de moitié le gaspillage d’aliments dans l’Union européenne à l’horizon 2020, Bruxelles a lancé une consultation publique avec pour ambition de « préciser quels devraient être les domaines prioritaires, comment mesurer les effets de la production alimentaire, les meilleures façons de promouvoir des filières de production et d’approvisionnement plus durables, comment éviter et réduire le gaspillage alimentaire, et quelles sont les politiques les mieux adaptées pour relever ces défis ». Évalué à environ 89 millions de tonnes de nourriture par an, rien que pour l’Union européenne, le gaspillage s’affirme de plus en plus comme une priorité tant environnementale qu’économique.
À l’échelle mondiale, cela s’élève, selon un récent rapport de l’Organisation des nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) publié le 11 septembre dernier, à 1,3 milliard de tonnes de nourriture gaspillée pour un coût total d’environ 750 milliards de dollars. Le coût environnemental du gaspillage alimentaire relevé par l’organisation est lui aussi impressionnant : « chaque année, la nourriture produite sans être consommée engloutit un volume d’eau équivalant le débit annuel du fleuve Volga en Russie et est responsable du rejet dans l’atmosphère de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre ». Devant s’organiser à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs, en passant par la transformation et la distribution, la lutte contre le gaspillage est, selon Achim Steiner, secrétaire général adjoint de l’ONU et directeur exécutif du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), « une grande occasion pour les économies du monde entier d’effectuer la transition vers une économie verte inclusive, sobre en carbone et reposant sur une utilisation rationnelle de ressources ».

L’Europe pointée du doigt par la FAO
Après avoir répertorié les « points chauds » des pertes et gaspillages alimentaires, la FAO note que l’Europe connaît un taux élevé en ce qui concerne la viande, ainsi que les fruits et légumes. Un guide destiné à l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire est joint à ce rapport et propose trois niveaux d’action pour pallier le problème. Il s’agit, d’une part, d’accorder la priorité absolue à la prévention des pertes et gaspillages alimentaires, d’autre part, et dans l’éventualité d’excédents alimentaires, de les réutiliser au sein de la chaîne alimentaire – c’est-à-dire trouver des débouchés secondaires ou faire don des surplus aux personnes les plus démunies – et enfin, lorsqu’il s’avère impossible de les réutiliser, d’opter pour le recyclage et la récupération.
À l’échelle de l’Union européenne et des États membres, lutter contre ces gaspillages nécessite la mise en œuvre d’actions de la part des pouvoirs publics.

Un cadre réglementaire à compléter
Puisque notre façon de consommer doit être repensée, l’UE et les États devront, dans les années à venir, adapter leur législation, tant alimentaire que fiscale (par la valorisation des emballages recyclables et biodégradables ou encore le développement du compostage des bio-déchets) afin de favoriser la mise en œuvre de cet objectif. Notons toutefois qu’un cadre réglementaire existe déjà, mais devra être complété. Ainsi, la directive 2000/13 sur l’étiquetage des denrées alimentaires, remplacée à compter de décembre 2014 par le règlement (UE) N°1169/2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, en constitue un bon exemple. En effet, ces textes établissent une distinction entre la date de durabilité minimale (DDM) – qui est la date jusqu’à laquelle une denrée alimentaire conserve ses propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées –, et la date limite de consommation au-delà de laquelle une denrée alimentaire est dite dangereuse. Il ne reste plus qu’à « éduquer » le consommateur afin qu’il n’ait pas une lecture trop anxiogène de la DDM.

Rédaction Réussir

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