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Le cheptel allaitant européen cherche une marque de fabrique

Une demande de Spécialité traditionnelle garantie (STG) est en préparation. La démarche associe les Français, les Écossais, les Anglais, les Irlandais et les Espagnols.

Touche pas à ma vache allaitante ! Telle est la philosophie d’une démarche visant à protéger l’élevage traditionnel des bovins à viande dans l’Union européenne. Celle-ci repose sur une demande d’attestation de spécificité (STG). Le même signe officiel de qualité sert au Jambon de Parme à se protéger des imitations. Pour la viande bovine de l’UE, il s’agit surtout de se défendre face aux importations d’Amérique du Sud.

Plusieurs acteurs européens ont décidé de mener le combat ensemble. Les Français se sont lancés les premiers, imités par les Écossais. Les Anglais et les Irlandais ont rapidement suivi. Plus en retrait, les Espagnols ont complété les rangs. Les Belges et les Allemands pourraient s’ajouter. « Le mot d’ordre est de sauvegarder l’élevage allaitant européen face aux viandes étrangères, propose Marc Pages, directeur de la Fédération interprofessionnelle des Label Rouge (Fil Rouge). Le but est d’obtenir une reconnaissance officielle. Le choix s’est porté sur la Spécialité traditionnelle garantie (STG), qui contrairement à l’Indication géographique protégée (IGP) ou à l’Appellation d’origine protégée (AOP) n’implique aucune contrainte géographique. Le but est aussi d’arriver à une définition plus officielle de ce qu’est le cheptel allaitant dans l’UE. C’est enfin d’obtenir plus facilement des crédits de communication auprès de Bruxelles. »

Stratégie défensive

Une association sera créée pour défendre le dossier. Elle siégera en France. Fil Rouge est en train de rédiger ses statuts. Les Écossais s’occupent quant à eux de bâtir un cahier des charges. L’idée est de réserver la STG à des bovins de type viande, dont les veaux tètent sous la mère, et qui respectent un cycle alternant l’élevage au pré et à l’étable. Le mode de production doit être traditionnel. Cela exclut les jeunes bovins. Les seules catégories concernées devraient être les vaches, les génisses de plus de 20 mois et les bœufs. Si les Français penchent vers des races pures, les Anglo-Saxons préfèrent les F1. Certains croisements seront donc admis. Par exemple, les animaux de type normand croisé charolais devraient être acceptés. Concernant l’élevage des veaux, une durée minimale de quatre mois avec la mère pourrait être imposée.

« Les Français veulent une reconnaissance officielle du cheptel allaitant. Les Anglo-Saxons sont plus dans une position défensive face aux pays tiers. On ne peut pas se permettre d’avoir une STG trop large. Cette marque de fabrique doit être crédible. Mais, je ne serai pas étonné que l’Organisation mondiale du commerce nous mette des bâtons dans les roues », confie Marc Pages. En France, le débat portera sur la coexistence entre la signature Race à viande et le signe de qualité STG. Des arbitrages budgétaires seront décidés dans le cadre de la renégociation des cotisations interprofessionnelles Interbev pour la période de 2008 à 2010. Quoi qu’il en soit la STG ne pourra voir le jour avant l’an prochain, compte tenu du délai de validation au sein de l’UE.

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