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Le champagne s’adresse aux marchés les plus lucratifs

Le « feel good factor » n'est plus vraiment présent en France. Alors la Champagne se tourne vers des consommateurs plus enclins à faire sauter les bouchons, de bouteilles chères de préférence.

Imité mais encore peu égalé, le champagne s'accommode largement de la mondialisation contrairement aux vins tranquilles français chahutés par les concurrents du Nouveau monde. Alors que le Bordelais croule sous les stocks, la Champagne se réjouit d'une bonne récolte 2005 qui va enfin permettre de remplir les caves diminuées depuis 2003 (plus petite vendange enregistrée depuis 1981). On attend 315 millions de bouteilles cette année, auxquelles s'ajoutent 30 à 40 millions de bouteilles correspondant à une mise en réserve autorisée au-delà du rendement défini par le décret de l'appellation. « La qualité est satisfaisante : les chardonnay sont une belle réussite, pour les raisins noirs la situation est plus contrastée », témoigne Daniel Lorson, directeur de la communication du comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC). Cette vendange suit une année favorable pour l'appellation.

A fin septembre, les volumes expédiés vers les pays tiers (Suisse, Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Japon, Australie, Russie, Chine...) enregistraient une croissance de 5,51 % par rapport à l'année précédente. « On ne cherche plus des croissances à deux chiffres. La Champagne est entièrement plantée. Nous sommes dans une situation de non-expansion», souligne le porte-parole de l'interprofession. Un travail a commencé pour revoir (à la baisse) l'aire géographique de la zone. Cette réflexion est préalable à la révision de l'aire parcellaire qui pourrait donner de nouveaux droits à plantation. « Mais avant que ces parcelles ne produisent du raisin, il s'écoulera au minimum dix ans », précise Daniel Lorson.

Accord UE-États-Unis défavorable

D'ici là, vignerons, coopératives et négoces champenois doivent continuer à croître avec un volume stable. L'objectif : miser sur des produits et des marchés mieux valorisés. La France, où les volumes ont reculé de 1,09 % (sur un an à fin septembre), s'avère de moins en moins une priorité. L'Asie, à l'inverse est très convoitée : les consommateurs y sont prêts à payer plus cher pour des champagnes millésimés ou des crus spéciaux. L'Europe reste un marché essentiel, mais la croissance s'est réduite à 0,69 %.

Sur des pays comme l'Allemagne, le champagne perd des parts de marché au profit du cava espagnol. Les Etats-Unis représentent toujours une cible privilégiée, même si le récent accord UE-Etats Unis -qui doit encore être ratifié par le droit de continuer à fabriquer du faux champagne. Aux Etats-Unis, les ventes de faux champagne représentent déjà deux fois plus que celles du vrai. La dégradation de l'image de la France, renforcée par la couverture médiatique des émeutes des banlieues, pourrait-elle aussi faire baisser la consommation du champagne ? « C'est très difficile de dire l'impact que cela aura. Pour cette année, on n'a pas vraiment de crainte. Les expéditions sont faites, les volumes sont déjà en place», répond Daniel Lorson.

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